UPE2A, année terrible… Quand élèves et personnels deviennent des variables d’ajustement

Les élèves allophones (1) primo-arrivant·es, tout comme les personnels qui les accueillent au sein des dispositifs UPE2A (2), manquent cruellement de considération de la part de l’institution, tant au niveau du 78 que de l’académie de Versailles. Une situation contre laquelle SUD Éducation 78 s’insurge. Tout porte en effet à croire que ni la scolarisation de ces élèves ni les conditions de travail de leurs enseignant·es ne sont des priorités. En témoigne la multiplication des démissions ou des retours dans l’enseignement « ordinaire ».
Lors de ses stages syndicaux UPE2A ou de rencontres intersyndicales départementales et académiques, SUD Éducation 78 fait le constat d’une dégradation inédite et alarmante.

Pour l’administration, les élèves allophones sont-elles/ils des élèves ?

Ces élèves ne sont toujours pas comptabilisé·es : les prévisions d’effectifs « officielles » feignent d’ignorer les inévitables arrivées en cours d’année scolaire. Bien pratique pour éviter d’ouvrir de nouvelles classes dans les établissements. Posture qui révèle également un grand mépris pour la place de ces élèves dans la communauté scolaire.

Jongler avec les ouvertures et les fermetures de dispositifs
Les dispositifs UPE2A connaissent une précarité croissante : ouvertures, déplacements et fermetures sans aucune concertation ni information. Des dispositifs pourtant complets seraient fermés à la rentrée, d’autres divisés sur deux écoles… En l’absence de toute norme, c’est une véritable opacité qui règne : bon vouloir hiérarchique ? décision purement comptable ? sanction déguisée ? Une chose est certaine : l’administration ne s’explique jamais ! Pour SUD éducation 78, ces manières de procéder sont maltraitantes pour les personnels, mais aussi pour des élèves primo-arrivant·es qui ont besoin de se construire des repères et des socialisations dans leur établissement d’accueil.
Nous demandons une véritable transparence et des critères objectifs d’ouverture et de fermeture parce que ces dispositifs ont besoin de s’inscrire dans la durée, pour construire, avec les équipes pédagogiques et éducatives, une culture de l’hospitalité et de l’inclusion.

Muter, déplacer, pacifier…

Le recours massif aux personnels contractuels pour faire fonctionner les UPE2A place les collègues dans une situation précaire et constitue une pression forte, les intimant à l’obéissance et au silence face aux décisions contestables de l’administration.
Ils et elles se retrouvent, par exemple, à devoir assurer l’ouverture d’une UPE2A, avant d’en être exclu·es l’année suivante, devant laisser la place à un·e autre collègue. Épuisant et cynique jeu de chaises musicales.
Des collègues, travaillant depuis de nombreuses années sur un établissement, ayant noué de précieux liens avec leurs collègues, les familles, etc., sont brutalement déplacé·es, sans même en être averti·es. Certain·es subissent un acharnement assez peu « pédagogique » (multiplication des « visites conseils » jusqu’aux derniers jours de juin !)
L’administration ne semble avoir aucun scrupule à exploiter ses personnels contractuels. Un management brutal qui touche aussi, par ricochet, de plus en plus de titulaires, tous et toutes soumi·ses à plus de pression mais aussi à plus d’instabilité professionnelle.
Nous sommes opposé·es à l’emploi massif de contractuel·les dans l’Éducation nationale et nous revendiquons la titularisation de toutes et de tous, sans discrimination de concours ni de nationalité, ainsi qu’une formation initiale et continue de qualité, au plus près des besoins des élèves et des personnels, et non dictée par des politiques fluctuantes.

Dans un contexte général où l’accueil des élèves allophones pourrait se voir grandement menacé, SUD Éducation 78 se battra toujours pour une même école pour toutes et tous en rappelant que, depuis 1936, aucun·e élève n’est étranger·e.

1.Personne dont la langue maternelle est une langue étrangère, dans la communauté où elle se trouve.
2. Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants.