Remplacement dans le Premier degré : démantèlement du statut, précarité grandissante

Remplacement dans le Premier degré : démantèlement du statut, précarité grandissante

Depuis fin 2023 et à la rentrée 2024, les remplaçant.es du 1er degré subissent une réforme silencieuse mais brutale : les statuts ZIL (Zone d’intervention localisées), BD (Brigade départementale), BD Formation, BD REP+… ont volé en éclats. Elles ont été démantelées pour créer une réserve mobile départementale : la Zone de remplacement départementale (ZRD).

Derrière ce mot technocratique se cache une réalité concrète : on efface les missions spécifiques pour transformer les remplaçant·es en variables d’ajustement. Objectif affiché  : flexibilité maximale. Résultat  : de plus en plus d’enseignant·es remplaçant·es se retrouvent envoyé·es quotidiennement à d’autres bouts de département, sans stabilité, sans repères, effectuant parfois des missions non conformes à leur statuts (par exemple en Instituts médico-éducatifs, en accompagnement d’élève).

Un autre problème majeur est l’inégalité de traitement entre Titulaires de remplacement (TR). Dans certaines circonscriptions en excédant de TR comme Trappes ou Plaisir, les collègues sont envoyé·es loin de leur secteur tandis que sur d’autres circonscription en manque chronique de remplacant·es comme les Mureaux, les TR restent prioritairement dans leur circonscription.
Cette organisation crée de fait une hiérarchie implicite entre elles et eux : certain·es se sentant considéré·es comme des TR de « seconde zone » contraint·es de subir des affectations lointaines et répétées alors que d’autres bénéficient d’une relative stabilité.

Conséquence : depuis la rentrée 2024 les professeur·es des écoles ont fui le remplacement et réintègrent un poste de titulaire classique. Là où elles et eux pouvaient choisir des missions plus stables (3 semaines en formation, un territoire connu en REP+..), cette possibilité disparaît. Et la crise générale du recrutement – plus de 1 350 postes non pourvus dans le 1er degré en 2024 n’a rien arrangé pour combler ce manque.
D’après le rapport du Sénat, le nombre de demi-journées non remplacées a augmenté de 49 % depuis 2018 dans le primaire, avec un taux de remplacement qui chute de plus 30% dans certaines académies. Dans l’académie de Versailles, 1600 demi-journées n’ont pas été remplacées depuis janvier 2025. L’Assemblée nationale le confirme lors d’une question orale : les absences de moins de 15 jours ne sont pas remplacées !

Cela engendre une précarité croissante  : des collègues en ZRD se voient affecté·es en postes vacants à l’année sans ISSR (indemnité de sujétions spéciales de remplacement), en Titulaire Secteur pour combler un temps partiel, ou en structures IME/hôpital, sans formation. Le remplacement devient un fourre-tout, la continuité pédagogique est mise à mal, la confiance avec les écoles s’effrite, la formation continue est sacrifiée. Partout, les remplaçant·es évoquent leur épuisement croissant et une perte de sens de leur métier.

La flexibilité maximale payée par la précarité maximale : c’est la logique de cette réforme qui transforme un métier en mission jetable.

Les revendications de SUD éducation 78 pour mettre un terme à ce démantèlement :

- Création massive de postes de remplaçant·es, sans fermeture de classes ;
 Retour aux missions différenciées  : ZIL, BD Formation, BD REP+ et droit aux choix de missions ;
 Affectations respectant la proximité géographique pour préserver la vie familiale/privée ;
 Fin des affectations à l’année sans statut clair ni compensation : tout remplacement doit donner droit à des ISRR de manière claire et détaillée dans le bulletin de salaire ;
 Accès à la formation spécifique des remplaçant·es ;
 Abandon du logiciel ARIA+  : non à la gestion des remplaçant·es comme des stocks mais par les IEN – plus au fait des situations personnelles de chacun·e.

Pour télécharger et diffuser le tract dans votre établissement :