Contre les groupes de niveau, l’égalité et la...

Contre les groupes de niveau, l’égalité et la solidarité !

À la rentrée 2024 le gouvernement impose la création de groupes de niveaux en mathématiques et en français en 6e et en 5e dans tous les collèges (4e et 3e en 2025).

Comment ça s’organise ?

Durant 9 h, les élèves seront réparti·es en groupes de niveaux (« bon, moyen, faible », par exemple). Le reste du temps, 16 ou 17 h, elles et ils se retrouveront en classe entière.

Pour faire des groupes, il faut forcément plus de profs et plus d’heures. Or, nous allons fonctionner « à moyens constants », dit le gouvernement, c’est-à-dire sans heures en plus, sans recruter de professeur·es supplémentaires
Ce qui signifie, pour récupérer des heures :
 la disparition de plusieurs demi-groupes en sciences, histoire-géographie, techno, langue
 la diminution, voire la disparition, des heures projets ou options (culture, sport, etc.)

Concrètement, cela donnerait l’organisation suivante.
Au lieu de 5 classes mixtes à 29 élèves par exemple, on pourrait avoir :
 6 groupes : 2 groupes à 15 pour les élèves en difficulté + 4 à 28-29 avec 1 prof en plus.
 7 groupes : 2 groupes à 15 + 5 à 23 si on trouve 2 profs en plus, ce qui paraît difficile.

Aucun temps de concertation des personnels n’est prévu. Cela risque de figer les groupes et d’empêcher les élèves de passer de l’un à l’autre groupe et donc d’évoluer durant l’année.

Quels effets sur les élèves, sur les classes, sur l’établissement ?

D’après les recherches scientifiques, les groupes de niveau ont un effet négatif sur les plus fragiles : perte d’estime de soi, programmes partiellement travaillés.
Pour les élèves les plus performant·es, cela n’a pas d’impact.

Contre la solidarité et la cohésion, diviser les élèves : les groupes de niveau risquent de stigmatiser les plus fragiles. Ils discriminent également les élèves handicapé·es et non-francophones, placé·es d’office par le gouvernement dans les groupes les plus faibles.
On peut craindre des moqueries, voire du harcèlement, contre une catégorie d’élèves lorsque toutes et tous se retrouveront en classe avec des effectifs habituels (29 élèves, dans l’exemple cité).

Épuiser les personnels dans une énième réforme refusée unanimement par les organisations syndicales qui les représentent et les obligeant à aller à l’encontre de l’éthique en triant les élèves et en rompant avec le principe d’égalité du service public d’éducation.

Mais alors, que faire pour répondre aux difficultés, réelles, des élèves ?

Nous savons que notre école, comme tous les services publics en général, ne va pas bien et a du mal à accompagner toutes les élèves. Mais nous, professionnel·les du terrain, nous avons des propositions :
 Alléger les effectifs par classe (20 élèves, mais dans toutes les matières) pour conserver la mixité propice au vivre ensemble et à la solidarité tout en permettant aux personnels de l’éducation d’accompagner dignement et efficacement chaque élève.
 Recruter de manière massive, avec un statut et un salaire revalorisés pour attirer, les personnels d’accompagnement et du pôle médico-social, en plus des enseignant·es.
 Travailler, dans la société, à améliorer les conditions de vie des plus fragiles (chômage, logement insalubre, pauvreté)

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