Communiqué sur la présence policière aux abords des établissements scolaires

Communiqué sur la présence policière aux abords des établissements scolaires
La police est de plus en plus présente dans et devant nos établissements, à Mantes, Magnanville, les Mureaux, Poissy, Houilles, … par des actions de prévention, par des fouilles et contrôles. Cette présence n’est pas anodine mais le reflet d’une politique répressive qui s’intensifie (prisons de hautes sécurité de Darmanin, violences policières accrues et légitimées notamment lors des manifestations, montée de l’extrême droite, retour du service militaire via le Service militaire volontaire, etc.).
Cette vision autoritaire du rapport à la violence est inefficace, anti-scientifique (sciences sociales) et nuisible. Elle montre une véritable défiance vis-à-vis de la jeunesse.
Au contraire, l’accompagnement, l’éducation, l’égalité et la confiance font leurs preuves.
Notre réponse collective (responsables légaux, équipes éducatives et administratives, sections syndicales) doit être à la hauteur des enjeux ! Nous ne pouvons pas nous résoudre à criminaliser les élèves en les considérant comme des dangers et en acceptant ainsi les contrôles policiers à l’entrée des établissements. Nous ne pouvons pas banaliser cette présence qui créé un climat anxiogène se nourrissant d’un contexte médiatique et politique raciste, classiste et sexiste. Sinon, comment continuer à chercher à enseigner à des élèves qu’on craint, qu’on stigmatise et chez qui on nourrit la peur et la soumission aveugle à l’autorité ?
Les enfants qui subissent cette présence policière sont amené·es à devoir subir leur journée dans des états de stress incompatible avec les ambitions scolaires. Ce sont des élèves qui imaginent ce qui a pu se passer de grave dans l’établissement, puis qui comprennent que c’est d’elles et eux qu’on se méfie, et qui doivent avancer et étudier malgré un sentiment d’injustice et d’incompréhension.
Nous pensons aussi à nos camarades et collègues qui prennent la responsabilité de soutenir les jeunes et d’observer les pratiques policières sur place. Cette présence indispensable pour la protection des enfants donne lieu dans notre académie à des pressions policières et hiérarchiques injustifiées et intolérables. Il a été constaté qu’il est possible pour la police d’entrer en contact avec des chef·fes d’établissement pour se plaindre de la présence d’observateur·ices lors des fouilles, et menacer de représailles explicites envers ces personnes. On peut se demander pourquoi il est si gênant pour elleux d’être vu·es.
Refuser cette présence policière c’est préférer le dialogue avec les enfants à la menace ; c’est penser que notre rôle est d’établir un lien de confiance et non de méfiance entre nous (enfants et adultes) afin d’éduquer des personnes en quête d’émancipation.
Alors, que pouvons-nous faire ?
Responsables légaux :
– Communiquer avec les personnels de l’établissement pour les alerter de la situation ;
– Communiquer médiatiquement et syndicalement autour de cette problématique ;
– Déposer une main courante ou porter plainte si des agissement illégaux sont constatés par les élèves ;
– Proposer des questions en Conseil d’administration ou Conseil d’école pour pouvoir débattre dans l’établissement scolaire.
Équipes éducatives :
– Préférer l’intervention de la société civile (juristes, monde associatif et culturel) au lieu de la police dans les établissement, c’est préférer la pédagogie à la répression ;
– Observer les contrôles afin de protéger les élèves, signaler d’éventuels agissements illégaux au procureur via l’article 40 du Code de procédure pénale ;
– Accueillir la parole et le ressenti des élèves après ce genre d’intervention, les rassurer.
– Un contrôle n’est pas anodin. Alors, demander aux directions d’avertir rapidement les personnels en amont de ces fouilles afin de se préparer à accueillir cette parole ;
– Diffuser des tracts contre la présence policière, et contacter les familles notamment via les syndicats de parents ;
– Communiquer médiatiquement et syndicalement autours de cette problématique ;
– Remplir le RSST en évoquant le climat anxiogène créé ;
– Demander le recrutement de personnels (Assistant·es d’éducation, Accompagnant·es d’élèves en situation de handicap, enseignant·es, infirmièr·e, psyEN, assistant·e social·e) pour répondre aux besoins des élèves.
Élèves :
– Refuser les contrôles lorsqu’ils ne sont pas justifiés ;
– Dénoncer les agissements de la police auprès de l’établissement ou de la famille ;
– Communiquer avec son syndicat lycéen ;
– Proposer des questions en Conseil d’administration via les élèves élu·es de l’établissement pour pouvoir débattre dans l’établissement scolaire.
Ces actions seront d’autant plus fortes si elles sont collectives et solidaires, jeunes, familles et personnels.
Pour télécharger et diffuser le tract dans votre établissement :

