Les dangers du TCE

Une vision libérale à long terme

Le TCE fait partie d’une vision plus large que veulent nous imposer les libéraux.

D’après certains articles du TCE, la Banque Centrale Européenne est libre de tout contrôle. Sa mission principale est de maintenir la stabilité des prix, c’est à dire de limiter l’inflation à 2% (chiffre décidé unilatéralement par la Banque Centrale).

Il est connu depuis longtemps qu’une inflation faible provoque mécaniquement un chômage élevé.

Pourquoi alors inscrire ce crédo dans la Constitution ?

Si le chômage est à un niveau important, les patrons peuvent proposer des salaires minimum à leurs employés, donc c’est un bénéfice pour eux. De plus, sous prétexte de compétitivité internationale (dont les délocalisations ne seraient qu’une funeste conséquence), nous arriverons bientôt à remettre complètement en cause nos avantages sociaux. N’entend-on pas dire déjà que les 35 heures freinent la croissance française tout comme les RTT, les minima sociaux (RMI, SMIC...), que les chômeurs ne veulent pas travailler mais sont des assistés et ainsi de suite...

En ayant pour mission principale d’avoir une inflation faible, la Banque Centrale fait le jeu des ultra-libéraux qui pourront faire passer des mesures de régression sociale en arguant également que l’économie anglaise est en pleine forme (soit disant) alors qu’il n’y a pas de protection sociale là-bas.

On nous fait peur avec la concurrence des Chinois, Polonais, Roumains et autres afin de garder la pression sur les salariés. Si tu refuses de revoir les accords sur les 35 heures ou sur les RTT, le patron délocalise dans ces pays.

On nous demandera même de baisser nos salaires afin de rester compétitif. C’est déjà le cas en Alsace par exemple où on a proposé aux employés d’aller travailler en Roumanie pour 110 euros par mois.

Les entreprises doivent rester compétitives et concurrentes, c’est la valeur absolue du TCE.

La Banque Centrale européenne n’a pas le droit d’après le TCE de prêter de l’argent à des collectivités territoriales ou à des Etats.
Ce qui veut dire concrètement que pour avoir une politique économique de relance type grands travaux afin de résorber le chômage, les Etats devront emprunter sur les marchés à des taux d’intérêts supérieurs à ceux de la Banque Centrale.
Les bénéficiaires seront évidemment les spéculateurs qui empocheront ces intérêts.

Comme l’inflation est limitée, ces mêmes spéculateurs auront l’assurance de maintenir leurs bénéfices sans perte de leur pouvoir d’achat.

Les impôts que payent ces spéculateurs étant proportionnellement plus faibles que ceux payés par les salariés, la charge du remboursement de la dette reposera une fois de plus sur la masse des petits.

Nous aurons deux France : celle du tout venant qui subira son sort avec résignation car l’on nous dira que c’est une décision de Bruxelles et la France des rentiers qui sera assurée de toucher ses revenus.

Ajoutons à cela une dose de répression policière et judiciaire ainsi que le développement de la vidéo-surveillance afin de calmer les ardeurs révolutionnaires des utopistes que nous sommes et nous retournons à l’âge des ténèbres !

Mais que se passera t-il lorsqu’il n’y aura plus de salariés en France ? Comment pourront-ils consommer en étant payés une misère ? C’est illogique à long terme !