Réaction

Une politique éducative « décomplexée », et plus si affinités...

Réaction au format pdf

Depuis plus de 3 ans, Sarkozy attaque au « bulldozer » le service public d’éducation : suppressions massives de postes, faveurs accordées à l’école privée, attaques sur le statut de fonctionnaire, suppression du RASED (dispositif d’aide aux élèves en difficulté), mise en place de réformes purement comptables, etc...

Le gouvernement ne se contente pas de ces attaques sans précédents. Il compte bien resservir le couvert lors de la prochaine mandature présidentielle. C’est en tous cas ce qu’il espère. Xavier Bertrand, en tant que secrétaire de l’UMP, prépare le projet du parti présidentiel dans le cadre des « Rendez-vous pour la France ». La journée du 3 novembre était consacrée à l’éducation, en voici un petit florilège :

- mise au pas des personnels avec la signature de « contrats d’objectifs » entre recteurs et directeurs d’école primaire, et ce pour une « meilleure responsabilisation de tous les acteurs ». Les acteurs en question apprécieront le sous-entendu !

- dégradation de la qualité d’enseignement avec la formation d’enseignants « plus polyvalents ». Mais rassurons-nous, c’est pour le bien des élèves, pour qu’ils aient « moins d’enseignants différents ».

- introduction massive de méthodes de management issues du privé : « Je crois à une généralisation du programme CLAIR qui prévoit le recrutement de professeurs par le chef d’établissement ». NDLR : ce fameux programme, c’est aussi l’introduction « de primes au fayottage » ou la création d’un nouvel échelon hiérarchique.

- retour à une pédagogie autoritaire et réactionnaire. Xavier Bertrand estime que "la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme est un élément fondamental de responsabilisation". Pour la discipline, le chef de l’UMP croit "aux vertus des travaux d’intérêt général dans l’établissement ou au sein d’associations sportives ou de quartiers". Nul doute que dans la surenchère sécuritaire de la campagne présidentielle, des éléments du rapport Bockel sur la prévention de la délinquance juvénile (remis à l’Elysée ce mercredi 03/11) seront mis au goût du jour. Sous couvert de « repérage précoce des enfants en souffrance », c’est à un véritable fichage et flicage dès l’âge de 2-3 ans que veut procéder le secrétaire d’état à la justice. Mais nous ne doutons pas que ce sera pour une « meilleure responsabilisation » des parents !

- poursuite de la politique de ségrégation sociale avec l’institution « dès la 4ème, d’une [classe] prépa-pro pour les élèves tentés par la filière professionnelle ». Le gouvernement empêche toute possibilité de remédiation scolaire dans un premier temps, mis à part pour les personnes qui en ont les moyens avec la réduction d’impôts pour les cours particuliers à domicile. Dans un deuxième temps, il propose des voies de sortie du système général pour ces mêmes élèves en grande souffrance. On sait très bien que cette filière « profitera » tout particulièrement aux élèves du bas de l’échelle qui verront s’éloigner encore un peu plus la possibilité d’ascension sociale. Cette idée ne peut qu’être mise en relation avec les propos tenus par Laurent Wauquiez (UMP) sur libération.fr : Pour lui, l’un des « axe(s) majeur(s) de réflexion […] consiste à voir comment structurer notre système d’éducation pour qu’il soit centré sur une seule priorité, l’emploi. » Quid de l’accès à la culture, du développement de l’esprit critique, de la formation du futur citoyen...

Le projet du parti présidentiel est on ne peut plus clair. L’école servira à former une main d’œuvre docile et si possible bon marché. Pour ce dernier point, faisons confiance à ce gouvernement qui a multiplié les cadeaux à la France d’en haut et qui trouvera bien le moyen de remplir un peu plus les poches déjà pleines du patronat.

A SUD éducation 78, nous ne voulons pas de cette Ecole et de la société qui l’accompagne.