"Réussite éducative" en lycée

Un exemple de motion de CA

Le dispositif de "réussite éducative" en lycée, vous savez ce que c’est ? Il est possible que non, et que vous soyez pourtant concerné, car le texte officiel est sorti au BO le 12 juin alors que votre établissement était peut-être déjà fermé pour examens... et il exigeait que pour le 30 juin soient organisés des stages de vacances commençant le 18 août !

200 établissements ZEP ou assimilés essuient les plâtres avant une généralisation prévue à la rentrée 2009 pour tous les autres lycées. Ce qui est incroyable, c’est qu’aucune concertation n’a eu lieu, et que le dispositif va se mettre virtuellement en place alors que la grande majorité des collègues et des familles ne seront même pas au courant !

Encore une fois, le Ministère décide arbitrairement une mesure que tout l’appareil est censé faire retomber en urgence sur le terrain. Jamais l’Education Nationale n’aura été pilotée avec un tel autoritarisme bureaucratique déconnecté du terrain, censé pourtant incarné l’événement des méthodes d’entreprise les plus modernes dans la fonction publique...

Réussite éducative - texte officiel
Réussite éducative - les stages d’été

Un exemple de motion votée au Conseil d’Administration d’un lycée des Yvelines et adaptable ailleurs :

MOTION

Le CA du lycée __________________________ est perplexe de constater que le dispositif « réussite scolaire » impliquant une ouverture de l’établissement sur une partie des vacances scolaires est publié au Bulletin Officiel le 12 juin 2008 avec une date butoir fixée au 30 juin pour organiser le premier stage en août - le lycée étant fermé aux élèves pour examen depuis le début du mois de juin.

Outre la non concertation complète des personnels pour cette mesure, on constate aussi que les frais de fonctionnement supplémentaires qu’impliqueront ces ouvertures ne sont pas couverts par une enveloppe adéquate ; la rémunération des personnels administratifs et d’entretien, indispensables pour garder le lycée ouvert, n’est pas non plus clairement définie. Les personnels souhaiteraient aussi des garanties définitives sur le fait que le dispositif reposera exclusivement sur le volontariat, et qu’il ne pourra pas être imposé individuellement.

Nous pourrions par ailleurs nous réjouir du doublement des équivalents temps pleins d’assistants pédagogiques si autant de postes d’enseignants n’étaient dans le même temps supprimés. La stabilité de l’encadrement des élèves demeure également un souci étant donné la précarité des Contrats d’Accompagnement dans l’Emploi, qui suppléent des postes d’assistants d’éducation supprimés.

La gestion « à flux tendu » du système éducatif, également perceptible dans l’organisation de certaines épreuves d’examen (par exemple les Contrôles en Cours de Formation de BTS), est préjudiciable aux élèves et aux familles car elle contraint à des bricolages individuels hâtifs et ne permet pas la construction d’un travail de fond collectif, en équipe, vers un objectif commun, d’autant plus qu’aucune concertation ni aucune préparation en amont avec les personnels concernés n’a eu lieu.

La crédibilité des personnels sur le terrain risque d’être lourdement compromise à force de ne pas savoir ce qu’ils devront appliquer deux ou trois mois plus tard. Les financements restent également bien trop flous, et les suppressions de postes au profit d’heures supplémentaires ne correspondent pas aux besoins concrets.

La pérennité et la crédibilité du système éducatif public exigent davantage de respect des personnels sur le terrain et un mode de pilotage plus concerté et plus réaliste.