Travail gratuit

Refusons le travail gratuit !
Notre temps de travail explose !
Les obligations de service des enseignant-e-s (c’est-à-dire les heures « présence-élèves ») n’ont été modifiées ni en 1956, ni en 1969 ni en 1982, lors des diverses mesures de révision de la durée légale du travail. Pourtant la charge de travail des enseignant-e-s n’a cessé d’augmenter et de se diversifier.
Désormais, au-delà des tâches de préparation et de gestion des cours, se développe un ensemble de contraintes et d’activités « annexes », incontournables et dévoreuses de temps : conseils, réunions, concertations, orientation, etc. Deux études sur le temps de travail des enseignant-e-s en 2010 ont été publiées le 13/07/2013 par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la
performance du Ministère de l’éducation nationale (DEPP). Elles confirment cette augmentation de la charge de travail.
Combien de jours en plus ?
Le ministère veut nous faire rattraper une journée déjà travaillée, ce qui est une
aberration manifeste. Mais cela vient s’ajouter à toute une série de journées qui
nous sont imposées en plus, dans une spirale qui semble sans fin.
1. Il y avait déjà, depuis 2004 la « journée de solidarité », que Raffarin avait imposée en tirant prétexte des effets sur les personnes âgées de la canicule de 2003.
Après avoir imposé de travailler sans être payé le lundi de Pentecôte, les modalités
ont été assouplies, et l’administration peut fixer comme elle le souhaite les modalités
de travail de cette journée non payée (elle est parfois scindée en 2 demi-journées).
2. Et depuis quelques années, le calendrier scolaire prévoit une deuxième journée de
prérentrée pour les enseignant-e-s, organisée en deux demi-journées, après la rentrée (ce qui est orignal pour une prérentrée, mais le calendrier scolaire du ministère l’indique ainsi…) et avant les premières vacances.
3. Alors que dans un premier temps cette deuxième journée de prérentrée a été mise en place avec plus ou moins de rigueur selon les départements et les établissements, cette année cette obligation commence à se généraliser dans les faits.
Nous avons certes besoin de temps avec les collègues sans les élèves, mais cela
doit être compris dans nos services et non imposé sous forme de travail gratuit en plus.
Et maintenant, on devrait rattraper devant les élèves une journée travaillée sans les
élèves ? Alors que la journée de solidarité, comme la deuxième journée de prérentrée, doivent se faire en plus mais sans les élèves ? On marche sur la tête !
La confusion est grande parce que la « journée de solidarité » est parfois effectuée
comme journée de pré-pré-rentrée ou dans le début de l’année... Et tout se mélange
dans la tête de tout le monde. Mais ce sont bien 3 journées de travail gratuit et en plus que les gouvernements successifs nous ont imposées en 10 ans. Et si nous laissons faire, on ne voit pas pourquoi ils s’arrêteraient !

La réalité du temps de travail des enseignant-e-s
En moyenne, les enseignant-e-s du primaire travaillent plus de 44 heures par semaine et ceux et celles du secondaire plus de 41 heures, soit près d’une heure et demi de plus qu’en 2008.
Les professeur-e-s des écoles débutant-e-s travaillent plus de 52 heures par semaine, et les professeur-e-s nouvellement certifié-e-s plus de 45, ce qui confirme l’urgence d’une réduction du service des stagiaires bien en-deçà du mi-temps de la réforme Peillon, mais aussi des titulaires pendant leurs premières années d’exercice, pour une entrée progressive dans le métier.
Enfin, les vacances sont certes des périodes sans cours, mais certainement pas d’arrêt du travail. Les enseignant-e-s travaillent en effet une vingtaine de journées de vacances par an en moyenne.
NB : Tous les chiffres de cet encart sont issus des enquêtes de la DEPP

Sortir de la confusion
Autour de ce « rattrapage », la plus grande confusion a régné, chez les collègues, mais surtout du côté de l’administration. Ici, on confondait avec la 2e journée de prérentrée. Là, avec une récupération des congés de la Toussaint. Ailleurs, avec la journée de Solidarité (ex. « lundi de Pentecôte »)… La réalité est pourtant claire : c’est bien le lundi 2 septembre que nous devons rattraper le 13 novembre (et pour beaucoup le 11 juin après-midi). Pour preuve, voici les explications fournies par le Ministère en commentaire au calendrier scolaire 2013-2014 :
« En 2013-2014, il est prévu de rattraper la journée du lundi 2 septembre 2013 , non
scolarisé pour les élèves, afin de respecter les 36 semaines légales de cours. Le 13
novembre (et le 11 juin), nous sommes donc supposé-e-s « rattraper » la journée de
prérentrée du 2 septembre, qui a été travaillée pour les enseignant-e-s mais non
scolarisée pour les élèves. La confusion est telle que dans certains établissements, le rattrapage de la journée de prérentrée pour cause de la non-présence des élèves se fait sans élèves !

Pour SUD Education 78, il est temps de réagir et de revendiquer une diminution du temps de travail, en refusant toute flexibilisation ou annualisation et tout travail gratuit.