Sud éducation 78 en lutte pour une autre école

Communiqué du syndicat SUD Education 78

Ce jeudi 21 février 2019, à l’appel de l’AG de grève de l’éducation Ile-de-France du mardi 12 février, nous étions mobilisés à l’occasion de la venue de J.-M. Blanquer (ministre de l’Éducation nationale) et de François de Rugy (ministre de la transition écologique et solidaire) au collège des Hautes Rayes à Conflans-Ste-Honorine (Yvelines).

Dans le cadre de cette journée d’action, nous avons accueilli les ministres venus lancer un concours d’économie d’énergie dans les établissements scolaires avec notre banderole, nos drapeaux et surtout notre profonde indignation contre les dispositifs et lois passées (Parcoursup), en cours de mise en place (réformes du bac et du lycée) ou les autres funestes projets libéraux et réactionnaires dans l’Éducation nationale (loi pour l’école de la confiance, suppressions de postes, deuxième heure supplémentaire imposée…). Au milieu d’un dispositif sécuritaire agressif et intrusif (BAC, renseignements territoriaux, polices nationales et municipales), nous avons apostrophé et interpellé les ministres qui n’ont pas daigné nous jeter un regard. Ils sont ensuite rapidement entrés dans le collège afin de se faire jeter des fleurs pour des projets environnementaux scolaires qui existent essentiellement car les élèves et les personnels sont là pour les construire et les suivre, alors que le gouvernement contribue toujours plus hypocritement au saccage de la planète, en tapant sur les précaires pour mieux donner aux grosses boîtes pollueuses mais non payeuses.

Pendant ce temps-là, nous avons été reçus par deux huiles de l’institution : Fred JEAN CHARLES (Dasen adjoint) et Mickael CABBEKE (directeur de cabinet de la rectrice), qui nous ont offert un dialogue de sourd, dans la bienveillance et la confiance, maîtres-mots de nos hiérarques. Compilation de la communication officielle, ou comment justifier l’injustifiable :

Parcoursup, qui par l’attente interminable des bacheliers et les critères opaques de sélection a permis de pallier la stagnation du nombre de places et le manque de moyens dans le supérieur ? On nous répond sans ciller que les moyens du supérieur ont augmenté (suffisamment pour l’augmentation du nombre d’étudiants peut-être ?) et que 85 % des élèves ont eu une réponse sur Parcoursup (fac de bio pour une candidature en BTS optique ?).

L’énorme mouvement lycéen de décembre a été étouffé par une répression d’une brutalité extrême ? Le ministère a tout fait pour « apaiser la situation » par la communication avec les parents d’élèves, les instances lycéennes et les syndicats. Ce n’est pas de la communication et des tirs de flashball que les lycéens réclamaient, mais le retrait de Parcoursup.

Le détournement de l’argent public vers les maternelles privées par l’obligation de scolarité à 3 ans ? Une mesure sociale destinée aux quartiers populaires (!). La création de nouvelles classes dans le public n’est en revanche pas une mesure sociale.
L’embrigadement du SNU, financé par l’Éducation nationale et au bénéfice de l’armée ? Il est seulement à l’essai dans 13 départements. Rassurant non ?

Nous sommes révoltés de recevoir tant de mépris et de cynisme pendant une mobilisation des élèves et des personnels qui a conduit à de nombreuses journées de grève parfois reconductibles et encore reconduites, de manifestations, de démissions de profs principaux et de boycott des mises en place des réformes, et après avoir clairement exposé notre opposition syndicale et intersyndicale, par la grève, dans la rue et au CSE.

Nous continuerons à nous opposer à la destruction et à la marchandisation de l’école. Nous appelons donc à rejoindre l’assemblée générale de l’éducation IdF (mardi 12 mars à 18h à la Bourse du Travail de Paris), à participer aux prochaines journées de mobilisation (dont la grève interprofessionnel du 19 mars) et à discuter et mettre en place collectivement des moyens de lutte contre les réformes (20/20, boycott de Parcoursup, démissions de PP…).