Les retombées des lois Fillon

Remplacements de courte durée : l’offensive du Ministère

Après le BO du 25 août, le Ministère de l’Education Nationale a publié une lettre Flash (6 septembre) qui précise les conditions d’application de cette mesure de remplacements en collèges et lycées de collègues absents pour une courte durée ; au programme : autoritarisme, mépris des services, travail de sape de l’emploi public...

A raison de 5h maximum par semaine, et de 60h par an, les profs peuvent désormais être sollicités pour remplacer un collègue absent ; si le collègue n’est pas de la même matière qu’eux, ils dispenseront un cours dans leur propre matière. Préparation ? Cohérence pédagogique ? Conditions concrètes de ces interventions bricolées ? Rien de tout cela n’est abordé - car ces mesures ne sont pas inspirées par le respect du travail pédagogique, mais bien davantage par le souci de garder coûte que coûte les élèves entre les 4 murs d’une salle de classe d’une part, et d’autre part de commencer à saper les statuts d’enseignants en permettant de plus en plus aux chefs d’établissements de leur imposer des heures supplémentaires, comme s’ils n’exerçaient actuellement qu’un service partiel.

Ce dispositif est en effet pour l’instant volontaire, avec un tarif d’heure sup majoré, mais pourra être imposé par le chef d’établissement à partir de janvier 2006. Avant le 1er octobre, les établissements sont invités à s’accorder sur un protocole à soumettre aux CA : mais à quoi bon ? Qu’est-ce que cela changera ? Le dernier mot restera le bon vouloir du proviseur, qui pourra dès l’année suivante cribler les emplois du temps de trous permettant de faciliter au besoin les remplacements au pied levé.

Travail supplémentaire imposé pour les uns, et en parallèle, un recours minimal aux professionnels du remplacement (avec statut adapté) que sont les TZR (Titulaires sur Zone de remplacement) - car bien-sûr, il faut tenir l’objectif de ne pas remplacer un emploi public sur deux, quels que soient les besoins, chômage ou pas.

A coup d’heures sup (dont le tarif pourra être revu à la baisse une fois le dispositif banalisé), le Ministère entend imposer une bonne fois pour toutes un système qui vise à ne pas créer les emplois publics appropriés et permet de se défausser de la "continuité de service public" sur les profs de l’établissement, qu’ils le veuillent ou non.

Et le gouvernement prétend faire de la politique de l’emploi une priorité ? Précarisation des emplois d’encadrement, réductions dogmatiques de postes, effets d’annonces mensongers (par exemple sur les dédoublements en langues en Terminale), autoritarisme hiérarchique aliénant, et privatisation partielle de la mission d’éducation nationale (voir les dernières déclarations de G. de Robien sur la place de l’enseignement privé)... Voilà le vrai visage de la politique d’emploi dans l’Education Nationale.

NOUS NE POUVONS PAS PASSIVEMENT LAISSER CETTE POLITIQUE S’IMPOSER ! NE LA CAUTIONNONS PAS : REFUSONS DE DISCUTER LES PROTOCOLES D’APPLICATION DANS LES C.A.! ORGANISONS LA RESISTANCE !