Recrutements : la baisse à marche forcée

Les parents qui s’interrogent sur l’absence de remplaçants, les classes surchargées ou l’incapacité des établissements locaux d’accueillir leur enfant comme ils le devraient pourront méditer sur les chiffres de résultats aux concours publiés sur le site du Ministère.

Pour le concours de professeur des écoles, la chute a été vertigineuse cette année : ce sont près de 30% d’admis en moins par rapport à 2008. Dans le second degré, les recrutements ont également baissé de 30 à 35% en quatre ans si l’on prend les chiffres de l’agrégation et du CAPES externes, de 50 à 60% si l’on prend les concours de CAPEPS, CAPET, CPE ou COP (taux de réussite au concours externe de CPE : 4,20% !).

Dans ce contexte, la masterisation des concours rallonge la course d’obstacles pour accéder aux métiers d’enseignement et en exclut un peu plus les classes les moins favorisées. Le gouvernement aura alors beau jeu de recourir à la précarité ou à des officines privées pour répondre à la demande éducative en désengageant toujours plus l’État.

Nous demandons que l’État cesse cette politique délétère aux allures de plan social massif (entre dix et quinze mille postes supprimés par an). Il est urgent que l’éducation redevienne une priorité, avec des recrutements statutaires massifs, la suppression de la précarité, une baisse des effectifs dans les classes et davantage de travail en petits groupes, et une meilleure prise en compte du travail en équipe et de la concertation pour les personnels.

Sources : http://www.education.gouv.fr/cid22782/regards-statistiques-2009.html et http://www.education.gouv.fr/cid49098/resultats-de-la-session-2009.html

A lire aussi, dans le Canard Enchaîné du mercredi 28 octobre 2009 :

Arithmétique de base

Eric Woerth, le ministre du Budget, s’est vanté, le 23 octobre, dans l’hémicycle, d’avoir supprimé 100 000 postes de fonctionnaires en trois ans, faisant ainsi économiser 3 milliards au Budget.
"Vous les avez immédiatement redonnés en baisse de TVA aux restaurateurs, qui eux n’ont créé que 6 000 emplois, lui a répondu Henri Emmanuelli. En définitive, on n’a donc pas économisé un centime mais on a perdu 94 000 emplois."