Politique de l’égalité des chances à l’école

Politique de l’égalité des chances à l’Ecole :
une chance pour quelques uns, un leurre pour tous.

La politique de l’égalité des chances à l’Ecole existe depuis longtemps mais est particulièrement mise en avant depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, en 2007.

Cette politique prétend lutter contre les discriminations dont sont victimes certaines populations (pauvres, immigrés et issus de l’immigration,...) en donnant plus de chances de réussite (sous-entendu sociale) aux élèves issus de ces populations. Ces derniers seraient ainsi ramenés sur la même « ligne de départ » que les autres.

Le dispositif d’éducation prioritaire ZEP est un exemple ancien de politique d’égalité des chances. Il permettait de donner plus de chances de réussite scolaire à tous les élèves issus des quartiers les plus défavorisés.
Considérant qu’il n’est pas efficace et affirmant qu’il faut réduire les dépenses globales de l’Education Nationale, le pouvoir actuel est en train de le faire disparaître progressivement, ne donnant des moyens supplémentaires qu’à certains établissements ou certaines classes mis sous contrat d’objectifs (établissements ECLAIR, « projets » fortement sollicités...).

En parallèle, des dispositifs labellisés « égalité des chances » sont mis en place. Il s’agit souvent de partenariats noués entre un établissement (lycée) anciennement ZEP et une école supérieure ou une entreprise (souhaitant détecter de futurs étudiants ou employés...). Mais seulement quelques élèves, rarement ceux qui sont le plus en difficulté scolaire, en bénéficient dans ces lycées.
Dans le même temps, de moins en moins d’efforts sont faits pour les élèves qui sont en grande difficulté scolaire, au niveau du 1er degré (fermeture de classes, remise en cause de l’Ecole maternelle, fin progressive du RASED,...) comme du 2nd degré (fin du dispositif ZEP, disparition des dédoublements,...). Evidemment, le pouvoir avance des arguments budgétaires pour justifier ce désengagement de l’Ecole.

Il n’y a finalement « égalité des chances » que pour une infime minorité mais cette politique entretient l’idée selon laquelle, une fois sur la même « ligne de départ », ceux qui le veulent vraiment peuvent réussir. Chaque élève, avec sa famille, serait donc entièrement responsable de sa réussite scolaire. Cependant, comme il n’y a pas de places pour tout le monde en haut de la hiérarchie sociale, il faut nécessairement faire mieux que l’autre pour réussir.
C’est ainsi que le pouvoir organise la compétition sociale entre les personnes, dès le plus jeune âge tout en assurant un contrôle social puisque celui qui n’arrive pas à trouver sa place dans la société ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

Avec cette politique d’égalité des chances appliquée depuis 2007, ce sont bien les valeurs de l’idéologie néolibérale qui sont prônées et renforcées, et ce au sein même de l’Ecole : rôle minimum de l’Etat, efficacité économique et compétition sociale.

A Sud Education 78 :
Nous luttons contre cette vision de la société et de l’Ecole en particulier, et nous voulons construire une société plus juste dans laquelle chacun peut trouver sa place.
Nous militons pour un système social plus égalitaire, en particulier au niveau des salaires, afin de mettre un terme à une compétition sociale néfaste, et ce au profit d’une réelle coopération entre tous les citoyens.
Nous défendons la prévention de l’échec scolaire par une école maternelle accessible à tous, un RASED de qualité et des effectifs de classe moins importants. Pour cela, nous luttons pour obtenir plus de moyens humains dans l’Education Nationale, en particulier dans le 1er degré.

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