Orientations du Congrès 2009 de Sud éducation 78

SOMMAIRE :

1- REVENDICATIONS GENERALES

2- CONCERTATION

3- EDUCATION PRIORITAIRE

4- TICE

5- AIDES SPECIALISEES A L’ ECOLE , CHANGER LA DONNE : RENFORCEMENT DANS LE PRIMAIRE ET DEVELOPPEMENT DANS LE SECONDAIRE

6- POSTES SURNUMERAIRES ET RASED


LES TEXTES

1- REVENDICATIONS GENERALES

1- Arrêt du recrutement des précaires

2- Titularisation de tous les précaires sans condition de concours, de stage ou de nationalité

3- Pour des créations de postes à hauteur des besoins et rattrapage des postes perdus

4- Pour le rattrapage et l’augmentation du pouvoir d’achat : aucun salaire, aucune pension à moins de 1600€ tout de suite ainsi que l’augmentation de 300 € pour tous

5- Pour le droit à la retraite à 55 ans sans conditions d’annuités et retour à 37,5 annuités pour l’obtention d’une pension complète.

6- Pour une réelle reconnaissance des missions supplémentaires qui incombent aux personnels administratifs et ouvriers

7- Contre la concurrence entre les personnels et l’avancement au mérite

8- Pour un statut unique des enseignants dans le sens le plus favorable

9- Réintégration des ATEC (ex ATOSS) dans la fonction publique d’État

10- Retour au statut de MI-SE

11- Refus de la notation des personnels par un supérieur hiérarchique

12- Autogestion collective des établissements

13- Refus de la mise en place des EPEP

2- CONCERTATION

SUD éducation 78 encourage le travail en équipe (éducative et pédagogique), garant de l’élaboration d’une relation éducative constructive.

SUD éducation 78 refuse que ce travail en concertation se fasse au détriment des personnels, avec réunions sur le temps du midi ou en fin de journée, et ce sans contrepartie.

SUD éducation 78 demande l’intégration d’heures de concertation dans les statuts, sur la base de 12h de cours et 3 h de concertation.

3- EDUCATION PRIORITAIRE

SUD éducation 78 dénonce la politique menée en faveur de l’enseignement privé sous contrat et l’assouplissement de la carte scolaire. En effet, cette politique ne peut qu’accentuer les inégalités sociales et « ghettoïser » encore un peu plus certains établissements scolaires. C’est la marche forcée vers une éducation à 2 vitesses.

SUD éducation 78 exige au contraire une politique ambitieuse et transparente en faveur des zones d’éducation prioritaire.

L’instauration du Réseau Ambition Réussite a mis en lumière l’opacité du classement en éducation prioritaire.

SUD éducation 78 considère que le pourcentage élevé de PCS (Professions Catégories Socioprofessionnelles) défavorisées constitue le seul critère objectif de classement en Education Prioritaire et qu’il est un moyen efficace pour compenser les inégalités scolaires.

4- TICE

L’arrivée, massive dans certains cas, des nouvelles technologies, dites TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education), dans nos établissements, même si elle apporte de nouvelles perspectives pédagogiques intéressantes, n’est pas sans soulever de nombreux questionnements et susciter quelques inquiétudes.

A un moment où les moyens humains dans l’Education Nationale sont en baisse constante, et ce depuis quelques années, nous voyons apparaître, dans quelques établissements, de nouvelles lignes budgétaires, importantes, pour équiper les salles de classe en ordinateurs ou autres TNI (Tableau Numérique Interactifs). On nous présente ces équipements comme la panacée, en oubliant de nous dire qu’il ne s’agit que d’un outil au service d’un objectif pédagogique et que l’informatique n’est pas une fin en soi. Il ne suffit pas de poser un élève devant un écran pour faire des « miracles ». Au même titre que n’importe quel outil, il convient d’être formé pour l’utiliser au mieux. Mais les moyens financiers dégagés pour la formation seront-ils aussi importants que ceux attribués à l’investissement matériel ?

D’ailleurs, cet investissement peut très vite être gâché car en termes de nouvelles technologies, on sait, d’une part, que l’obsolescence est un maître mot et que, d’autre part, le matériel est fragile. Le seul moyen de lutter contre ces 2 ennemis, c’est d’assurer un entretien régulier. Que propose l’Education Nationale dans ce domaine ? Une maintenance assurée par des volontaires payés à coup de HSE (Heures Supplémentaires Effectives) dans le 2nd degré par exemple.

On observe aussi un décalage inquiétant entre les ambitions affichées par l’Education Nationale au travers du B2I (Brevet Informatique et Internet) au collège et la réalité sur le terrain. Comment mettre en place une véritable évaluation interdisciplinaire de la pratique informatique sans concertation ? Comment enseigner la pratique informatique sans réelle formation et sans matériel en parfait état de marche ?

Mais encore une fois, ce brevet n’est-il pas une simple vitrine ? Car finalement, en terme d’informatique, tout se joue dans le cercle familial où ceux qui ont les moyens et qui sont équipés maîtrisent l’outil informatique depuis le plus jeune âge. Ce n’est encore une fois malheureusement pas l’Ecole qui va, dans ce domaine jouer le rôle de réducteur des inégalités sociales.

Ces inégalités sociales vont aussi être très présentes à l’échelle nationale car ces équipements sont financés par les départements et les régions. Il va de soi que la Seine Saint-Denis ne pourra pas équiper de la même façon que les Hauts de Seine ses établissements scolaires.

Ainsi, SUD éducation 78 n’est pas contre l’arrivée des TICE dans nos pratiques pédagogiques mais se pose la question de sa finalité pédagogique et exige :
- une vraie formation des personnels sur leur temps de travail.
- un financement national des équipements qui ne se fasse pas au détriment des moyens humains.
- la création de postes statutaires de maintenance informatique.
- l’intégration d’heures de concertation dans nos emplois du temps pour la mise en place du B2I
- l’utilisation accrue des logiciels libres face aux monopoles privés pour lutter contre la connivence de l’Éducation Nationale avec Microsoft.

5- AIDES SPECIALISEES A L’ ECOLE , CHANGER LA DONNE : RENFORCEMENT DANS LE PRIMAIRE ET DEVELOPPEMENT DANS LE SECONDAIRE

La lutte engagée au cours de l’année 2008-2009 « Sauvons les Rased » (Réseau d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) n’a pas empêché la suppression de 3000 postes à l’école primaire : 1500 supprimés et 1500 sédentarisés. C’est une atteinte sans précédent au service public d’éducation. En aucun cas, les heures de soutien mises en place par les enseignants généralistes ne suffiront à répondre aux besoins spécifiques de ces élèves qui pouvaient jusqu’alors recevoir à l’école une aide adaptée individuellement ou en petit groupe. C’est un véritable gâchis de compétences et une chance retirée aux enfants qui pouvaient en profiter. Dans l’École de la République, les réseaux constituent une aide irremplaçable pour les enseignants, les élèves et leurs familles. Si l’enseignant enseigne, les réseaux d’aides proposent des aides spécialisées, où chacun de ses membres, de sa place, avec ses compétences, répond aux questions que pose chaque élève en difficulté et permet de lever les obstacles qui l’empêchent de comprendre et d’apprendre. Situé au coeur des missions de l’institution scolaire mais aussi espace de médiation avec la classe, la famille, les services sociaux et de soin, le RASED ouvre à des aides où la sécurité affective, l’alliance du temps et de l’espace sont les ferments d’une reconstruction à venir. Détruire les RASED, « C’est laisser les enfants subir à bout portant leur échec. C’est laisser les familles subir à bout portant l’échec de leur enfant. C’est laisser les maîtres subir à bout portant leur échec face à certains enfants » (Daniel Câlin, Philosophe, formateur ASH).

L’amputation de 3000 postes affecte gravement la visibilité des RASED et leur capacité à répondre à toutes les demandes d’aide. La volonté ministérielle n’a pas faibli et tout reste à craindre pour l’avenir ; ne dit-on pas dans ces cas là que « quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage ? »

Face au rouleau compresseur gouvernemental et aux mesures iniques, faisons face et faisons sens, défendons et réclamons une école de qualité au service de tous les élèves, des aides spécialisées renforcées dans le primaire et développées dans le secondaire.
SUD Education réaffirme donc le droit à l’éducation pour chaque enfant sur tout le territoire national et sur le temps scolaire, et par conséquent son droit à bénéficier d’une aide spécialisée diversifiée (pédagogique, psychologique et/ou rééducative) donc propre à s’attaquer aux origines plurielles de la difficulté scolaire dès que le besoin s’en fait sentir.

6- POSTES SURNUMERAIRES ET RASED

Sédentarisation de 1500 enseignants spécialisés = manipulation hypocrite du gouvernement et à l’horizon, la disparition des RASED

3000 postes RASED ont bien été supprimés à la rentrée 2009. Le ministère n’a pas reculé contrairement à ce que certains syndicats, comme le Snuipp, prétendent ; le ministère a d’abord supprimé 1500 postes puis « sédentarisés ou surnumérisés » 1500 autres !
SEDENTARISATION, SURNUMERISATION, il y a de quoi interroger ces nouveaux concepts qui ont le mérite d’œuvrer à l’incompréhension la plus totale, au maintien d’un flou insaisissable pour tous !

Mais dans la réalité, les faits apparaissent plus tangibles : de nombreux collègues spécialisés ayant exercé en RASED, ont été informés au mois de mars que leur poste fermait mais qu’il était néanmoins transformé en « surnuméraire », la plupart du temps dans un autre secteur. L’administration rendait les enseignants « libres » de choisir et insistait sur le bien fondé d’une restructuration ! L’argument avancé lors des différentes entrevues avec l’IA renvoyait à la nécessité de répondre aux besoins de certaines écoles par rapport au traitement de la difficulté scolaire. Pour ne pas perdre leur identité professionnelle ces enseignants se sont vus dans l’obligation de postuler sur ces postes dits « fléchés » au mouvement départemental, d’autres plus résignés ont choisi malheureusement de quitter l’AIS (Adaptation et Intégration Scolaire) . Au sein du collectif RASED 78, nous avons pu établir un bref bilan et constater que l’implantation de ces postes ne correspondait même pas à cette idée invoquée de la concentration de la difficulté. Aucune rationalité ne peut se dégager, il est probable que ce sont les IEN qui ont fourni aux IA leurs données comme bon leur semblait.

Des collègues ont donc démarré leur année scolaire sur un groupe scolaire ou parfois sur une seule grosse école mais de fait, ne parviennent pas à boucler leur emploi du temps en aides spécialisées et sont interdits de déplacements sur d’autres écoles. Quel est l’enjeu d’une telle situation ? Nous pensons qu’il s’agit clairement d’une manœuvre pour obliger les personnels spécialisés à changer leurs pratiques et à abandonner leurs missions définies dans les textes de 1990 et de 2002. Les autorités hiérarchiques locales tentent un peu partout d’impliquer les personnels concernés dans leur mise à mort professionnelle.

Par ailleurs les enseignants spécialisés nommés sur ces postes « surnuméraires » ou ceux ayant repris une classe à défaut, se sentent profondément blessés. Leurs capacités, leurs missions professionnelles, leur engagement sont remis en cause par l’institution.
Ils ne se sentent plus reconnus dans leur fonction, leur métier, leur identité professionnelle. Il s’agit non seulement d’un gâchis humain personnel mais aussi d’un gâchis en matière de compétences professionnelles et de formation pour l’école et par voie de conséquence pour les enfants ayant besoin de leur aide.
En résumé : Les suppressions massives de postes RASED en 2009 aggravent une situation déjà dégradée :

- Territoires dépourvus d’aides spécialisées

 - Saupoudrage et dispersion des aides

 - Enseignants spécialisés qui ne peuvent pas exercer leur spécialité.

 - Equipes pluridisciplinaires incomplètes

 - Diminution drastique des départs en formation

 - Fermeture de centres de formation

 - Mises en place de formations non différenciées

 - Formation continue pauvre ou inexistante dans certains départements

 - Disparition du temps de concertation et d’analyse des difficultés des élèves entre les enseignants et les RASED.

SUD éducation 78 doit refuser toute collaboration à la destruction des RASED, soutenir les collègues isolés soumis au diktat de petits potentats locaux et promouvoir une réflexion nationale sur le traitement de la difficulté scolaire dans l’école de la République.