tribunal d’Orléans - 13 avril 2005

OGM à Orléans : reprise en main politique Solidaires 78 à Orléans en soutien aux faucheurs volontaires

Le tribunal d’Orléans a finalement cédé face au chantage du procureur : alors que 44 comparants volontaires demandaient à être également mis en examen aux côtés de leurs 44 camarades avec qui ils avaient fauché un champ d’OGM, le procureur a annoncé qu’il refuserait de plaider contre eux, rendant leur comparution inutile. Le tribunal en a conclu qu’il ne valait pas la peine de les faire comparaître, même s’ils revendiquaient avoir commis les mêmes faits. La politique gouvernementale pro-OGM, qui consiste à réprimer de manière ciblée des opposants en faisant "des exemples", a donc repris l’avantage après deux jugements allant dans le sens contraire, mais ce n’est qu’au prix d’une manoeuvre grossière, refusant de juger tous ceux qui revendiquent eux-mêmes avoir commis les mêmes faits dans une démarche de désobéissance civique - le déni de démocratie et le passage en force des autorités étant avéré sur la question des OGM.

Le résultat de la journée au tribunal a donc été décevant. En revanche, à l’extérieur, plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées pour soutenir les faucheurs et les comparants volontaires. Ambiance assurée, avec un défilé dans le centre-ville et devant le tribunal, ainsi que des conférences sur les OGM et la désobéissance civique, par exemple dans les domaines de l’énergie (remise en marche de compteurs de familles sans électricité par des syndicalistes d’EDF...) et de la lutte anti-pub.

José Bové sur la désobéissance civile

Christian Vélot, chercheur à Orsay, a également souligné les manipulations autour des OGM dits "médicaments", visant à soigner des maladies rares : alors qu’ils peuvent très bien être fabriqués en milieu confiné, évitant tout risque de dissémination dans l’environnement - ce qui n’est pas anodin pour des produits médicamenteux -, les multinationales de biotechnologies s’en servent comme d’une façade de communication pour faire avancer la culture des OGM en plein champ, qui leur assureront la main-mise sur les marchés agricoles via le brevetage du vivant, au prix d’une destruction de la biodiversité, d’une mise en danger éventuelle de la population, et d’une irreversibilité de la contamination de toutes les cultures par les OGM.

Le comité de soutien aux 9 de Guyancourt, qui attend le procès des 9 de la Confédération paysanne mis en examen pour la neutralisation d’une parcelle d’essais OGM au GEVES de Guyancourt en juillet 2003 en vue d’autorisation de mise sur le marché, se prépare à organiser le même soutien populaire pour le procès qui se tiendra à Versailles à une date encore indéterminée. En revanche, son AG ouverte aura lieu à Trappes lundi 25 avril à 20h30, à l’ancienne mairie.

Guy Leroy, d’ATTAC 78 Nord