Notation administrative Pour nous, c’est toujours NON !

La commission paritaire concernant les notations administratives s’est tenue ce mercredi au rectorat de Versailles. Cela a été l’occasion pour notre élue de réaffirmer notre opposition au système injuste et infantilisant de la notation hiérarchique. Voici la déclaration qu’elle a lue...

La circulaire académique du 17 décembre 2014 relative à la notation administrative des personnels enseignants et des personnels d’éducation entérine tranquillement le contenu de celle de l’an passé, qui – pour rappel - était parue sans aucune concertation avec les organisations syndicales.
Comme l’an passé, nous notons de graves distorsions dans l’académie. Certains collègues connaissent parfaitement le contenu de cette circulaire et savent l’exploiter, d’autres non. M. le Recteur rappelle pourtant aux chefs d’établissement de porter la circulaire à la connaissance de tous les agents concernés, mais dans les faits, c’est loin d’être le cas.
Nous dénombrons cette année 99 requêtes en révision de notation administrative. Un certain nombre de ces requêtes concerne des collègues contestant une augmentation de 0,5 point ou de 0,1 point malgré trois pavés notés « Très Bien » et le font à juste titre puisqu’ils ont dorénavant la possibilité d’être augmentés d’1 point ou de 0,2 point. La notation au mérite, forcément sous-jacente dans une notation qui peut maintenant varier de 0,5 point à 1 point ou de 0,1 à 0,2 point, apparaît clairement. Une progression de 0,5 point ou d’0,1 point semble être devenue la « normale » de l’enseignant qui se contente de faire son travail. La possibilité d’une progression supérieure est sans conteste un appel du pied aux collègues à se
lancer dans divers accompagnements, projets, voyages, promotion de leur matière ou autres -pour lesquels d’ailleurs ils ne sont pas rémunérés mais qui embelliront la vitrine de l’ établissement - pour grappiller quelques dixièmes de point supplémentaires. Cela est, de notre point de vue, inacceptable. D’autre part, comme nous l’avions déjà pressenti l’an passé, bon nombre de collègues arrivent désormais bien plus rapidement au maximum de la grille de leur échelon et vont y stagner quelques années avant de passer à l’échelon supérieur.
Comme l’an passé, certains chefs d’établissement n’ont visiblement pas lu la circulaire académique et/ou gèrent comme bon leur semble la notation des collègues en augmentant certains de façon à ce qu’ils obtiennent juste la note moyenne de leur échelon. D’autres ne rédigent pas - ou ne prennent pas la peine de rédiger - de rapport lorsque la note qu’ils proposent dépasse la grille de référence ; certains allant même jusqu’à dire, par la suite, aux collègues concernés que ce sont les organisations syndicales qui ont baissé leur note en CAPA !
Enfin, d’autres chefs d’établissement se prennent visiblement pour des inspecteurs, en rédigeant des appréciations littérales contenant clairement un aspect pédagogique.
Pour terminer, comme chaque année, certains établissements -toujours les mêmes- se font largement remarquer par le nombre de requêtes en révision de notation administrative : le lycée Newton à Clichy (4 contestations), le collège Galilée à Limay (3 contestations) par exemple. Il nous semble toujours qu’année après année, certains chefs d’établissement profitent de l’occasion de la notation administrative pour punir à leur façon, régler leurs comptes avec certains collègues ou considèrent cette note comme un moyen de pression vis à vis de nos collègues. Encore plus scandaleux : au moins deux collègues ont contesté leur notation administrative car leur RQTH semble leur porter préjudice. Cela est intolérable.
SUD Education Versailles reste opposé aux notations administrative et pédagogique,
car elles sont infantilisantes et ne tiennent que par la relation hiérarchique. Nous avons néanmoins bien compris que leur suppression remettrait en cause l’autorité qu’elles procurent à ceux qui les octroient. S’il y a des supérieurs, c’est bien qu’il existe des personnes inférieures, mais inférieures en quoi ? Certes, enseignants et personnels de direction ne font pas le même travail, mais il nous semble que nous œuvrons de pair pour le bon fonctionnement de l’institution scolaire, alors en quoi cela empêche-t-il l’égalité de traitement ? L’égalité semble dangereuse puisqu’elle n’est pas appliquée. Que menace-t-elle à part le titre de chef dont certains se parent. L’égalité ne fait-elle pas partie de la devise républicaine ?

Nous revendiquons la suppression de ces notations, la suppression de la hors classe remplacée par un 12ème échelon de la classe normale, un avancement identique pour tous au rythme le plus rapide.