Grève et manifestation du 15 février 2005

La rue ne faiblit pas ! 50.000 personnes à Paris contre la politique Fillon

Après un petit rassemblement symbolique devant l’assemblée nationale de militants de Sud éducation le matin, 50.000 personnes ont défilé mardi 15 février après-midi à Paris, pendant que s’ouvrait l’examen en 1ère lecture du projet de loi d’orientation de M.Fillon.

Dans une ambiance survoltée, plus de 50.000 personnes, dont une grande majorité de lycéens, ont exprimé ce mardi leur mécontentement à l’égard de la politique de M.Fillon en matière d’éducation. De la République à Denfert, le cortège a traversé Paris à un rythme soutenu ; de nombreux établissements de la Région parisienne - et certains de Province (on a par exemple noté de dynamiques délégations bretonnes !) - sont descendus en force dans la rue pour répondre au Ministre, qui entre louvoiements et accusations gratuites, n’a fait qu’ajouter une goutte d’eau au flot de mépris subi par les personnels et les élèves depuis des années.

C’est un effet dans un climat de dégraissage et de plan social que vivent actuellement les établissements, qui loin des discours lénifiants des autorités, voient tomber les fermetures de classe, les suppressions de postes, les coupures budgétaires (projets, formation...), les non-remplacements de départs à la retraite... La loi d’orientation ne fait qu’accompagner cette politique régressive, et annonce la dégradation des conditions de travail des personnels, l’orientation précoce par la négative des élèves en difficulté vers le professionnel, et une autonomie croissante des établissements, qui à l’instar de ce que subissent déjà les universités, distribuera des enveloppes globales insuffisantes imposant de gérer la pénurie en choisissant entre emplois et matériel... Pendant ce temps, le BO du 30 septembre 2004 a supprimé la phrase qui garantissait le droit aux parents de scolariser leurs enfants à 3 ans à proximité de chez eux...

Les personnels TOS sont toujours tenus dans le flou le plus complet au sujet d’une décentralisation qui conduira à terme à dégrader leurs conditions de travail, et à sous-traiter leurs missions au privé, pour des prestations moindres.

Le secteur public est victime d’un acharnement idéologique qui le présente comme une charge insupportable, pour mieux saper sa logique de solidarité et d’ambition collective pour lui substituer une logique marchande individualiste, plus inégalitaire, plus coûteuse aux individus mais flattant davantage leur pseudo-pouvoir de consommateur.

Ce contexte n’est pas propre au public : les travailleurs du privé sont appelés eux aussi à subir toujours plus de mesures régressives et de sacrifices "nécessaires" pendant que ceux qui les leur imposent s’octroient toujours plus d’augmentations, de profits et de privilèges. Ce n’est pas la politique voulue par le peuple qu’applique le gouvernement, mais celle exigée par le Medef : c’est ce qui rend le message de la rue éminemment légitime !

Prochain objectif : grosse mobilisation interpro le jeudi 10 mars, juste après une nouvelle manif lycéenne le 8 mars.