La colère monte dans le 2nd degré face aux DGH insuffisantes et aux suppressions de postes

Face à la politique de restriction de moyens et de suppressions de postes, un certain nombre d’établissements des Yvelines, notamment dans le Val de Seine, commencent à se mobiliser. A l’approche des vacances, cela se traduit par des discussions houleuses dans les commissions permanentes et les Conseils d’Administration consacrés aux Dotations Globales Horaires (DGH), des votes de motions, des demandes d’audience à l’Inspection et des journées de mobilisations et de grève. Quelques exemples : les lycées Simone Weil (Conflans), François Villon (Les Mureaux), Jean Rostand (Mantes-la-Jolie) et Vincent Van Gogh (Aubergenville).

Le lycée Simone Weil de Conflans-Sainte-Honorine a eu son CA lundi 15 et a voté la grève le mardi matin. Le lycée a alors été fermé par l’administration "pour raison de sécurité".

Voici la lettre que les représentants enseignants avaient adressé aux représentants des parents :

Chers parents,

Nous, les enseignants du lycée Simone Weil de Conflans-Sainte-Honorine, tenions à vous informer d’une diminution très importante des heures attribuées au lycée (dotation horaire globale) pour la rentrée prochaine. Nous perdons en effet plus d’une centaine d’heures par rapport à l’année scolaire en cours, ce qui est une réelle catastrophe car cette diminution a pour conséquences :
- de supprimer des classes.
- .de supprimer des postes d’enseignants.
- de supprimer des heures de dédoublements (heures de demi-groupe)

En effet, les suppressions de classes sont la conséquence de l’abandon des BEP et BAC PRO en 2 ans. Des classes de Bac Pro 3 ans ont été ouvertes mais de manière insuffisante pour accueillir nos élèves de Terminale BEP, notamment dans la filière comptabilité. Ces élèves devront donc, par la force des choses, être scolarisés dans d’autres établissements qui pourront (ou pas ?) les accueillir. Les élèves en question ont donc commencé une formation dans notre établissement en pensant pouvoir en sortir avec un baccalauréat mais ils seront contraints de quitter le lycée.

Notre proviseur fait de son mieux pour pouvoir récupérer des heures mais nous pensons que les enseignants et les parents d’élèves doivent rapidement s’associer pour obtenir plus d’heures auprès du rectorat de Versailles.

Nous prendrons contact avec vous afin de fixer la date d’une rencontre pour discuter ensemble de ces problèmes urgents et de prendre les décisions qui s’imposent.
distinguées.

Nous vous prions d’agréer, chers parents, l’expression de nos salutations

Les enseignants du lycée Simone Weil.


Au lycée François Villon des Mureaux, la motion contre la DGH déposée par les profs a été adoptée :

Motion concernant la dotation globale horaire (adoptée à 12 voix Pour, 3 Abstentions et 5 voix Contre)

Le conseil d’administration du lycée François Villon, réuni ce lundi 15 février 2010 constate, cette année encore, la faiblesse de la dotation globale horaire attribuée à l’établissement pour la rentrée 2010/2011.
En 2009/2010, notre établissement s’était vu attribuer initialement 1162 heures pour un effectif prévisionnel de 852 élèves soit un taux d’encadrement (H/E) de 1,36.
Pour 20010/2011, ce sont 1196 heures pour 888 élèves prévus, soit un taux d’encadrement (H/E) de 1,35.
La répartition qui en découle est lourde de conséquences : elle conduit à mettre en concurrence les disciplines entre elles, elle contribue à éclater les services des enseignants sur plusieurs établissements, au détriment du suivi des élèves et du travail des équipes pédagogiques.
La suppression de 16000 postes au budget 2010 de l’Éducation Nationale, faisant suite aux 13500 suppressions de 2009, en est la cause.
Ces suppressions s’ajoutent aux milliers de suppressions intervenues ces dernières années, masquées par l’embauche d’emplois précaires.
Depuis plus de 10 ans maintenant, l’État se désengage progressivement de l’éducation : la part des dépenses d’éducation dans le PIB national est passé de 7,6 % en 1995 à 6,6 % en 2008.

De telles mesures, imposées par des motivations strictement comptables et sans aucune réflexion pédagogique, ne peuvent que contribuer à la détérioration du service public d’éducation :
Comment peut-on faire croire qu’une classe surchargée (de plus de 30 élèves) est un gage de réussite pour les élèves ?
Comment imaginer que la diminution du nombre d’emplois dans un établissement permette un meilleur encadrement éducatif des élèves ?
Comment oser présenter le recours aux heures supplémentaires comme une amélioration des conditions de travail des enseignants au service des élèves ?
Notre ambition pour la jeunesse et notre conception du service public d’éducation sont tout autre.

C’est pourquoi les élus au conseil d’administration du lycée François Villon se prononcent contre le volume insuffisant de la dotation horaire globale dévolue à l’établissement pour la rentrée 2010/2011.

Ils exigent la restitution des moyens nécessaires et la transformation des heures supplémentaires en heures poste.
Ils appellent les parents d’élèves, ainsi que l’ensemble des citoyens, à réagir face au délitement du service public d’éducation.


Le lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie a participé à la grève du 21 janvier. La fermeture d’une nouvelle seconde et d’une demi-1eSTG, et la suppression d’au moins 5 postes (une moyenne depuis 3 ans !) sont jugées inacceptables par les personnels, qui soupçonnent l’Inspection académique de vouloir fermer à terme la partie générale et technique afin de réaliser sans l’admettre la fusion avec le lycée voisin engagée l’année précédente mais finalement abandonnée.

Les représentants des personnels, des parents et des élèves n’ont pas participé au vote sur la répartition ; en revanche, ils ont voté tous ensemble la motion suivante et ont demandé officiellement à rencontrer l’IA des Yvelines :

MOTION proposée par les représentants des enseignants (16 POUR, 0 CONTRE, les 4 membres de la direction ne participant pas au vote) :

Le CA du lycée Jean Rostand considère que malgré le complément de 29h obtenu par la direction, la forte baisse de la DGH subie cette année (-114h par rapport à la dotation accordée l’année dernière au même moment) menace gravement le dynamisme et la pérennité de l’offre éducative de l’établissement, et ne permet pas non plus de mettre en œuvre les objectifs de la réforme du lycée telle qu’elle a été présentée officiellement à l’opinion. La fermeture d’une seconde de plus et la suppression de 5 à 7 postes supplémentaires, devenues systématiques depuis au moins trois ans, ne tiennent aucun compte des multiples promesses de stabilité des moyens à notre égard, ni de de l’investissement des enseignants face à de multiples difficultés, et sapent tout effort pour rendre à notre lycée polyvalent une identité forte et attractive après les flottements de la fusion avortée l’année dernière.

Nous ne pouvons plus continuer à travailler "à vue", dans la confusion de réformes peu soucieuses de l’application pratique, avec des restrictions drastiques de moyens qui déstabilisent constamment le travail de chacun. Nous demandons une révision de cette dotation nettement à la hausse afin de pouvoir faire fonctionner notre lycée polyvalent dans des conditions acceptables et lui construire un avenir pérenne, dans l’intérêt des élèves et des familles.

Une journée "lycée mort" est d’ores et déjà envisagée pour la rentrée.


Le lycée Van Gogh d’Aubergenville est lui aussi mobilisé contre la baisse de sa dotation. Une journée "lycée mort" a été organisée.


N’HÉSITEZ PAS A NOUS FAIRE PART DES MOBILISATIONS LOCALES POUR COMPLÉTER LE TABLEAU EN ÉCRIVANT à : sudeducation78@ouvaton.org