Des nouvelles de Roland Veuillet

Présent à la fête des luttes 2005 organisée à Limay par Sud éducation 78 autour du thème de "la répression anti-syndicale", Roland Veuillet attend aujourd’hui le jugement de la Cour administrative d’appel de Lyon.

Celle-ci s’est réunie le 17 octobre pour traiter de la demande d’annulation de la sanction qui frappe Roland Veuillet, sanctionné en 2003 pour sa participation à la Grève des surveillants. Cette sanction s’était traduite par une mutation d’office de Nîmes à Lyon.

Roland et les organisations syndicales ont toujours contesté cette mesure disciplinaire comme un acte de répression anti-syndical.

Le 17 octobre au matin, à 10 h. 30 : Après un rappel des faits par le Président de la Cour, plusieurs personnes sont intervenues pour assurer la défense :
- Maître Le Frapper, avocat du cabinet Roux,
- Roland lui-même,
- Catherine Gourbier, responsable Nationale du syndicat SNES-FSU
- Jean-François Fontana, pour le syndicat SUD-éducation.

Le ministère de l’Education Nationale (la partie adverse) était absent, et ne s’est pas fait représenté par ses avocats. Donc personne n’était là pour défendre le bien-fondé de la sanction.

La parole a ensuite été donnée au Commissaire du Gouvernement. Celui-ci s’est livré à une longue plaidoirie pour expliquer que la sanction devait être annulée, tant sur le fond que sur la forme.

La Cour d’Appel a levé la séance en indiquant que le délibéré serait prononcé sous quinzaine.

Quelques extraits de presse sur la journée du 17 octobre :

20 MINUTES

Sprint pour la réhabilitation du conseiller

20 Minutes / édition du 18.10.06

Roland Veuillet était prêt à traverser la Manche à la nage à la Toussaint en guise de protestation. Mais la justice lyonnaise pourrait bien lui épargner cet effort. Hier, le commissaire du gouvernement de la cour administrative d’appel, chargé d’examiner une nouvelle requête déposée par ce conseiller pédagogique d’éducation (CPE), a conclu à l’annulation des sanctions disciplinaires prises contre lui par sa hiérarchie en 2003.

A l’époque, Roland Veuillet, 50 ans, avait été suspendu quatre mois puis muté d’office de Nîmes à Lyon par le ministère de l’Education nationale pour « avoir entravé le bon fonctionnement de son lycée » au cours d’une grève. Fortement engagé dans le mouvement social, ce syndicaliste s’était aussi vu reprocher « d’avoir mis en danger la sécurité des élèves ». Depuis, Roland Veuillet, aujourd’hui en poste au lycée Valdo de Vaulx-en-Velin, a avalé plus de 15 000 km de course à pied, refusé de s’alimenter pendant 38 jours et traversé à la nage le lac Léman et le lac du Bourget, en protestation. « J’ai été muté pour des agissements corrects qui s’exprimaient dans le cadre de mon activité syndicale », a fait valoir hier le CPE qui se dit victime « de la répression d’un acte syndical maquillé en faute professionnelle ». En première instance, le tribunal administratif avait rejeté ses arguments. Le commissaire du gouvernement lui a donné raison en soulignant « son professionnalisme » et en insistant « sur l’attitude plus que désinvolte des responsables du lycée » dans ce dossier. L’affaire a été mise en délibéré.

E. F.

Source : 20 Minutes


LYON PLUS

Roland Veuillet près du but

Depuis septembre 2003 Roland Veuillet, conseiller principal d’éducation (CPE), ne cesse de dénoncer sa mutation d’office à Lyon qu’il considère comme une sanction disciplinaire pour son engagement contre le CPE au lycée Dhuoda de Nîmes. Aujourd’hui affecté à Vaulx-en-Velin, il a notamment effectué près de 15 000 kilomètres de courses à pied pendant les vacances scolaires et suivi une grève de la faim de plus d’un mois dans une voiture garée devant le ministère de l’Education nationale... Sans obtenir gain de cause. Mais pour lui le vent a peut-être tourné. Hier, devant les magistrats de la cour d’appel du tribunal administratif de Lyon, la surprise est venue du Commissaire du gouvernement. Le magistrat a conclu à des décisions « entachées d’illégalité » et préconisé, dans ses conclusions, d’annuler les sanctions. Si les juges suivent son avis - ce qui est fréquent - le syndicaliste a toutes les chances de retourner dans le Gard. La cour d’appel a promis sa décision dans trois semaines. Roland Veuillet attend depuis trois rentrées.

Source : Lyon Plus


METRO

Le 18-10-2006

Roland Veuillet court après une réhabilitation
Depuis 4 ans, ce CPE muté à Lyon se bat pour retrouver son honneur.

Depuis sa mutation, Roland Veuillet s’est mis à courir pour protester. Il a accumulé 15 000 kilomètres. A son actif aussi, la traversée du lac Léman à la nage.

Au propre comme au figuré, Roland Veuillet court après une réhabilitation. Hier devant la cour administrative d’appel, c’était peut-être la dernière étape. Conseiller principal d’éducation au lycée Dhuoda de Nîmes, Roland Veuillet est suspendu en 2003, après une grève. Quatre mois, “pour faute grave”. Puis il est muté d’office à Lyon. L’Education nationale lui reproche d’avoir refusé l’ordre de remplacer les surveillants grévistes de l’internat du lycée par des personnels non statutaires. En 2004, le tribunal administratif de Lyon confirme la sanction.

Annulation du jugement
Roland Veuillet a toujours contesté la punition estimant qu’on “visait son activité syndicale”. Actuellement remplaçant au collège Valdo de Vaulx-en-Velin, il a rappelé hier devant la cours, soutenu par les syndicats, que l’ordre était “illégal” et “qu’il avait choisi de rester à son poste même gréviste”.

Hier le commissaire du gouvernement est allé dans son sens. Il considère que Roland Veuillet n’a pas “commis de faute mais fait preuve de professionnalisme”. Le magistrat a noté aussi de “graves irrégularités dans la procédure disciplinaire” et a conclu à l’annulation du jugement du tribunal, de la suspension et de la mutation. “Je suis surpris car c’est la première fois que l’on reprend tous nos arguments”, expliquait hier Roland Veuillet.

Depuis sa mutation, il s’était mis à courir pour protester, accumulant 15 000 kilomètres.
Ces derniers temps il nageait... A son actif, la traversée du lac Léman et un projet de traversée de la Manche pour la Toussaint. La décision sera rendue d’ici à trois semaines mais le ministère de l’Education nationale peut porter l’affaire devant le Conseil d’Etat.

Source : Metro