Premier degré

DETOURNONS LES EVALUATIONS CE1

Tract - évaluations CE1 - mai09

En préambule, Il est important de préciser que les évaluations existent de manière ordinaire dans toutes les classes. Les procédures d’évaluation nationales pour les CE1 et les CM2, ont été fixées dans la circulaire du 23 août 2007 

Le principe prioritaire qui animait ce texte à l’époque, était d’établir en début d’année un diagnostic pour permettre aux enseignants d’analyser les difficultés rencontrées par certains élèves et de mettre en place des aides adaptées telles que les Projets Personnalisés de Réussite Educative. (Les Rased ont le plus souvent participé à l’analyse de ces évaluations) ou d’aider à l’élaboration d’outils pour une pédagogie différenciée dans les classes

Avec les Nouveaux programmes (publiés en mai dernier et devant être mis en application dès la rentrée 2008) le ministère a aussi publié de nouvelles évaluations dont le principe nous semble totalement différent :
Il s’agit avant tout de mesurer les acquis et non plus d’établir un diagnostic, de mesurer la performance d’un système et non plus de tenter de répondre aux besoins des élèves, mais aussi de contrôler les enseignants dans leur application des nouveaux programmes.
Quel est le bien fondé de ces épreuves à cette époque de l’année, quelle en est l’utilité pédagogique ?

Dans le livret de l’élève on découvre :
- des exercices difficiles, non hiérarchisés sur le plan de la résolution, un texte de lecture extrait d’un roman destiné aux 8-12 ans selon les notes de l’éditeur. Veut-on décourager les élèves, les mettre à l’épreuve pour le plaisir de les voir perdre pied, en couler certains et alimenter l’angoisse des parents ?
- des questions qui n’ont pas été encore abordées, telles que le passé composé, la division ?
- une notation binaire (v ou F : 3 bonnes réponses données pour 4 attendues, c’est noté F). Seul le résultat compte et non pas la démarche.

Les livrets (du maître et de l’élève) sont publiés sur le net avant les dates de passation Les évaluations CE1 : Passation dans la semaine du 25 au 30 mai -Saisie des résultats du 1er au 10 juin -Communication des résultats aux parents à partir du 10 juin.
Quelle valeur peut-on accorder à des résultats si au départ tous les élèves n’ont pas eu les mêmes chances de réussite ? (Certains parents vont faire bachoter leur enfant, certains enseignants vont aussi faire bachoter leurs élèves !)

Les écoles ont toujours traditionnellement corrigé et analysé les évaluations nationales en équipe dans le cadre des conseils de cycle. Aujourd’hui le ministère attribue une prime de 400 euros aux maîtres qui les font passer et une prime d’environ 200 euros aux directeurs qui les organisent. S’agit-il de mettre en concurrence les enseignants, d’acheter leur soumission ?

Nos inquiétudes portent aussi sur l’utilisation des résultats qui en sera faite : la mise en concurrence des écoles a été programmée.

Avec ce type d’évaluations, le ministère tente d’imposer à l’école une culture de l’évaluation, une culture du résultat. Il faut par ailleurs savoir que ces évaluations vont suivre les élèves, car elles font partie du nouveau livret national unique et obligatoire qui sera informatisé. Elles constitueront même l’essentiel de ce document, puisqu’elles vont servir de base pour l’inscription dans ce même livret des « compétences » du « socle commun » censées être acquises par les élèves. Ces évaluations vont donc (comme celles de CM2) entraîner une concurrence entre élèves, entre enseignants et, rapidement, entre écoles. Si tel devait être le cas, ce serait la fin de l’école publique que nous connaissons et défendons.

Sud éducation 78 appelle les collègues à résister à ces évaluations sous plusieurs formes :

- Si un consensus peut se construire sur une école, à formuler officiellement les réserves de toute l’équipe et des familles expliquant le rejet de ces évaluations et le refus de les faire passer.

- Si l’inspection menace fortement de sanctions individuelles, d’inciter par exemple les familles à ne pas mettre leur enfant de CE1 une matinée dans la période d’évaluation, au besoin d’aider les élèves à réussir les épreuves pour ne pas être pénalisés, tout en refusant de transmettre des résultats partiels ou globaux, qui ne peuvent pas être considérés comme représentatifs et dont l’utilisation peut être dangereuse.

- A travailler en équipe dans le cadre des conseils de cycles à l’analyse des difficultés rencontrées par chacun des élèves - ce que ne font pas les évaluations.