Les raisons de la grève dans votre lycée :

Contre le projet de régionalisation et la réforme des retraites par Eric Vandercolden

[Texte rédigé plus spécialement pour les parents du lycée Jean Rostand, de Mantes-la-Jolie]

Qu’est-ce que la « décentralisation » ?

C’est la fin d’un service public national et égalitaire dans l’éducation : chaque région pourra décider selon ses choix politiques propres de recruter et d’employer des personnels. Par exemple, selon ses richesses publiques et ses motivations politiques, une région pourra décider d’employer une assistante sociale pour un établissement, ou pour deux établissements, ou pas d’assistante sociale du tout pour le travail spécialisé avec les élèves... Pour l’instant la nationalisation impose un minimum de service égal pour tous sur toute l’étendue du territoire national.

Le problème se pose pour l’instant au niveau des personnels techniques (cantine, entretien, maintenance...), de suivi pédagogique et d’orientation des élèves (COPsy...), d’assistance sociale et médicale (médecins scolaires...).

Quel est l’enjeu du « problème des retraites » ?

La réforme annoncée prévoit d’augmenter progressivement les durées de cotisations pour tout le monde, à terme à plus de 42 ans.

C’est vrai qu’il y a de plus en plus de retraités et de moins en moins d’actifs proportionnellement, il faut donc bien trouver un moyen de payer ces retraites... Mais la solution proposée conduit à augmenter le chômage, puisque ceux qui ont un emploi travailleront plus longtemps, ou à réduire considérablement les pensions des retraités, puisque ceux qui n’auront pas travaillé ces 42 ans n’auront pas le droit à une retraite complète.

Pour la majeure partie des gens, une entrée tardive dans la vie active (chômage des jeunes ou études longues ou difficiles...) rendra impossible une telle durée de cotisation. Le seul moyen de pouvoir prendre sa retraite avant d’être grabataire sera donc de placer de l’argent de côté, pour ceux qui le pourront...

Il y a pourtant d’autres solutions : travailler par exemple moins longtemps, 37,5 ans dans le public et dans le privé, pour libérer des emplois et résorber le chômage. Ainsi nous travaillerons tous, et nous serons donc plus nombreux à cotiser, et, de plus nous cotiserons pour les retraites et non pour le chômage...

Nous pouvons aussi choisir d’augmenter les cotisations pour travailler tous, et moins longtemps...

On peut aussi prélever des taxes sur la rentabilité des machines quand elles remplacent les hommes, plutôt que de faire des chômeurs et de taxer en plus ceux qui restent au travail.

On peut encore taxer les revenus liés à la spéculation plutôt qu’au travail (par exemple, les spéculations en bourses, ou dans l’immobilier...)

Il y a donc de nombreuses solutions, la réforme prétend qu’il n’y en a qu’une, elle s’inscrit dans une logique de société qui ne privilégie pas la solidarité et le progrès social. C’est pour cette raison que nous nous y opposons.

Nous ne sommes pas d’accord pour travailler plusieurs années de plus, en favorisant l’augmentation du chômage !

Eric Vandercolden, 6 mai 2003