Conseils de lecture 3

Sélection de lectures conseillées, 3 - par Xavier :

La nouvelle raison du monde, Pierre Dardot et Christian Laval (La Découverte, 2011)

Quatrième de couverture :
Il est devenu banal de dénoncer l’absurdité d’un marché omniscient, omnipotent et autorégulateur. Cet ouvrage montre cependant que ce chaos procède d’une rationalité dont l’action est souterraine, diffuse et globale. Cette rationalité, qui est la raison du capitalisme contemporain, est le néolibéralisme lui-même. Explorant sa genèse doctrinale et les circonstances politiques et économiques de son déploiement, les auteurs lèvent de nombreux malentendus : le néolibéralisme n’est ni un retour au libéralisme classique ni la restauration d’un capitalisme « pur ». Commettre ce contresens, c’est ne pas comprendre ce qu’il y a précisément de nouveau dans le néolibéralisme : loin de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l’action de l’État, il se fixe pour objectif de construire le marché et de faire de l’entreprise le modèle du gouvernement des sujets.
Par des voies multiples, le néolibéralisme s’est imposé comme la nouvelle raison du monde, qui fait de la concurrence la norme universelle des conduites et ne laisse intacte aucune sphère de l’existence humaine. Cette logique érode jusqu’à la conception classique de la démocratie. Elle introduit des formes inédites d’assujettissement qui constituent, pour ceux qui la contestent, un défi politique et intellectuel inédit. Seule l’intelligence de cette rationalité permettra de lui opposer une véritable résistance et d’ouvrir un autre avenir.

Avis de Xavier :
Une première partie un peu difficile à suivre pour moi mais qui m’a semblé intéressante. La suite est plus simple et présente de façon très détaillée la thèse des auteurs concernant la nature du néolibéralisme. En bref, un essai très intéressant pour mieux comprendre et démasquer le néolibéralisme qui gangrène la société !

L’école n’est pas une entreprise, Christian Laval (La Découverte, 2004)

Quatrième de couverture :
L’école est soumise à des pressions considérables pour qu’elle se conforme aux nouveaux commandements du néo-libéralisme auxquels toute institution doit se soumettre. Le système éducatif n’y échappe pas : dans ce nouveau modèle, il est menacé de se réduire à la formation du « capital humain » nécessaire aux entreprises. En s’appuyant sur une enquête approfondie, Christian Laval montre comment les « recommandations » des experts de l’OCDE, de la Banque mondiale, de l’OMC et de l’Union européenne ont été appliquées par les différents gouvernements français depuis les années 1980. Elles se sont traduites par une réorganisation managériale des établissements scolaires, mis en concurrence entre eux pour assurer la liberté de choix des « consommateurs d’école », par une « professionnalisation » toujours plus poussée des études, par une décentralisation qui n’a rien à voir avec la démocratie promise. Les enseignants sont sommés de participer activement à cette métamorphose de l’école publique, qui ouvre la voie à une marchandisation générale des savoirs et des apprentissages et à un renforcement des inégalités. Mais la réalisation intégrale de l’école néo-libérale n’a rien de fatal. Résistances sourdes, luttes collectives, prise de conscience des dangers de cette mutation imposée par la globalisation du capitalisme : les acteurs de l’école doivent désormais affronter un débat crucial qui engage aussi le modèle de civilisation que nous voulons.

Avis de Xavier :
Lorsque j’ai lu ce livre, il y a 2 ans je crois, j’ai été frappé : l’évolution néolibérale de l’école en France qui me semblait toute récente date en réalité du début des années 80. Toutes les « réformes » qu’on nous impose ne visent finalement qu’à la mise en œuvre de l’Ecole néolibérale.
Livre facile à lire et très clair. Je le conseille vivement pour une première approche sur le néolibéralisme à l’école.
En lien avec mon prochain conseil de lecture : sous couvert de restrictions budgétaires, les néolibéraux imposent des « réformes » à l’Ecole, comme ils les imposent à tous les échelons de la société sous prétexte de crise de la dette et de perte de compétitivité. C’est « la stratégie du choc »...

La stratégie du choc, Naomi Klein (Actes Sud, 2008)

Quatrième de couverture :
Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux – Abou Ghraïb ou Guantánamo – aujourd’hui ? Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un “capitalisme du désastre”. Approfondissant la réflexion militante entamée avec son bestseller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme toutpuissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation. Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.

Avis de Xavier :
Naomi Klein propose une thèse qui me semble a posteriori évidente et qui est illustrée presque tous les jours aujourd’hui avec la « crise de la dette ».
Mise à part cette thèse, j’ai beaucoup apprécié et appris en naviguant entre de nombreux évènements historiques de ces dernières décennies.

Face au pire des mondes, Michel Beaud (Seuil, 2011)

Quatrième de couverture :
Le pire des mondes ? D’une certaine manière il est déjà là. Partout, précarité, insécurité et d’intolérables inégalités ; des milliards d’humains dans la pauvreté. Gaspillages, pollutions, recul de la biodiversité, dérèglement climatique, acidification des océans… tout cela en quelques décennies.
Mais le pire est peut-être à venir. Car les maîtres du capitalisme refusent de renoncer à la domination du monde. Ils ne se contentent plus de résister à la nécessaire transition écologique et sociale : ils ont résolu de façonner la mutation en cours pour qu’elle assure d’abord leurs pouvoirs et leurs privilèges, fut-ce au prix de l’exclusion d’une large part de l’humanité, de la dévastation accrue de la Terre et d’une fuite en avant guidée par l’illusion que la techno-science peut tout faire mieux que la nature. Soucieux de préserver les libertés de surconsommer et de gaspiller, certains préconisent des réductions massives de populations ; partout dans le monde se mettent en place des formes d’apartheid entre riches et pauvres qui préfigurent un monde où seront en priorité protégés des aires d’opulence.
Sur la base d’un implacable bilan du Sommet de Rio de 1992, ce livre décrit la mécanique d’un engrenage fatal qui affecte toute la planète. Écrit pour renforcer l’esprit de résistance, il propose aussi des instruments que des gouvernements authentiquement progressistes pourraient mobiliser pour prendre une autre voie.

Avis de Xavier :
Depuis la crise financière de 2008 et ses conséquences actuelles, le problème de la sauvegarde de l’équilibre de la Terre est remisé dans les cartons. Pourtant, entre la crise financière et la crise environnementale, il y a une cause commune : le capitalisme.
Une bonne piqûre de rappel à condition de ne pas tomber dans le pessimisme et d’être prêts à agir pour changer le capitalisme.
Il y a quelques années, j’avais lu dans le même esprit et du même auteur, « Le basculement du monde » qui m’a beaucoup marqué.