Communiqué Sud éduc 78 Soutien aux personnels mobilisés, ce n’est que le début !

Les personnels d’enseignement et d’éducation de l’ensemble du pays ont dû faire face une nouvelle fois, dans les jours précédant la rentrée des congés scolaires d’automne, au mépris décomplexé du ministère à leur égard. En effet, moins de quinze jours après l’assassinat de leur collègue Samuel Paty, en lien direct avec l’exercice de ses missions d’enseignant, le ministère, après avoir annoncé la tenue de 2 heures d’échanges entre les personnels suivies d’un hommage, fait volte-face au prétexte d’impératifs sécuritaires. Le temps d’échange est supprimé, et l’hommage à Samuel Paty est désormais réduit à une minute de silence. Cette décision est ressentie par nombre de personnels comme une insulte, à la fois à la mémoire de leur collègue, mais également à l’égard du traumatisme que pour beaucoup d’entre-eux, les congés n’ont absolument pas permis d’atténuer.
En outre, dans un contexte sanitaire critique, le protocole « renforcé » annoncé par le ministère de l’Éducation nationale jeudi 29 octobre au soir ne s’inscrit aucunement dans la conformité avec les mesures prévues par le ministère lui-même cet été, en cas de nouvelle période de circulation active du virus : pas de dédoublement des classes, permettant de limiter le brassage des élèves, mais des consignes dérisoires portant sur l’aération fréquente des locaux (à la veille du mois du novembre), sur leur désinfection régulière (sans qu’aucun moyen humain supplémentaire chez les agents ne soit déployé pour le permettre), sur le port du masque, étendu aux élèves de l’école primaire. De plus, à la veille de la rentrée, les stocks de masques et de gel hydro-alcooliques n’étaient pas encore parvenus aux écoles et aux établissements du secondaire, montrant combien le discours ministériel qui se vante de « choyer » les enseignants est hypocrite. Le ministère met donc délibérément en danger plus de 800 000 personnels, 12 millions d’élèves, et plus largement l’ensemble de la population, alors que les hôpitaux sont saturés et que le décompte des morts quotidiens atteint voire dépasse le niveau de mars-avril.
Face à cette situation indigne et alarmante, de nombreux établissements se mobilisent depuis lundi 2 novembre. Dans les Yvelines, nombre de collègues du secondaire des bassins de Mantes (lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie, lycée Senghor à Magnanville, lycée Condorcet à Limay, collège de la Vaucouleurs à Mantes-la-Ville, collège Cézanne à Mantes-la-Jolie, collège George Sand à Magnanville), des Mureaux (lycée Villon aux Mureaux, lycée Van Gogh à Aubergenville), de Sartrouville (collège Romain Rolland) se sont mis en grève lundi et réunis en Assemblée Générale afin de décider de la suite des actions à mener pour réclamer une rentrée digne et la mise en place des dédoublements. À partir de mardi et / ou dans la suite de la semaine, la mobilisation a été massivement reconduite dans certains établissements, et s’est invitée dans de nouveaux : collège Chénier et collège Ferry (Mantes-la-Jolie), collège Pagnol (Bonnières), lycée Claudel (Mantes-la-Ville). Dans d’autres, les collègues ont déposé un droit de retrait au vu de la mise en danger qui les guette, non seulement eux mais aussi l’ensemble de la société, en reprenant leurs classes dans ces conditions. Cette mobilisation peut et doit payer ! C’est le cas au collège Claude Monnet de Carrières-sous-Poissy ou du lycée St Exupéry de Mantes-la-Jolie qui fonctionneront en demi-groupes à partir de lundi 9 ou du lycée Van Gogh d’Aubergenville avec division des effectifs par 2 et 3 jours de lycée par semaine pour chaque élève et 3 jours à la maison.
Les élèves ont également été partie prenante de cette mobilisation, en rencontrant parfois les personnels grévistes par le biais de leurs représentants dans leurs instances et organisations collectives, en exprimant leur contestation et leur indignation à la porte d’établissements incapables de les recevoir dans des conditions sanitaires sérieuses. Face à la mobilisation lycéenne, une nouvelle fois la réponse du gouvernement c’est la matraque et les lacrymos, sans compter l’usage de grenades de désencerclement à St Exupéry… Les parents d’élèves ne sont pas en reste : à la Vaucouleurs, les élus appellent à une journée collège mort vendredi 6. Malgré l’ampleur de la mobilisation, la Direction académique n’avait jusque ici pas apporté de réponse globale à ces revendications, mais s’est contentée d’envisager d’hypothétiques aménagements au cas par cas en demandant aux chefs d’établissements de leur communiquer les scenarii de reprise possible localement.

SUD éducation 78 apporte tout son soutien aux personnels mobilisés du département, rappelle qu’un préavis de grève national permanent est déposé par la fédération SUD éducation, et appelle à poursuivre la mobilisation partout dans le département, jusqu’à obtention de conditions de travail dignes et pourquoi pas de bien plus !
Après un premier recul du Ministre sur les lycées, nous devons amplifier la mobilisation pour que la protection des personnels et des élèves, que les 1/2 groupes et l’allégement des programmes soient étendus à tous les niveaux... C’est par le rapport de forces que nous imposerons nos demandes !


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