Communiqué fédéral sur la vidéosurveillance sur proposition de Sud éducation 78

Saint-Denis, Janvier 2005

La fédération Sud éducation exprime sa vive opposition contre les systèmes de vidéosurveillance qui se banalisent aujourd’hui dans les établissements scolaires, comme l’illustre le projet actuel d’installation d’une centaine de caméras au lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie (78). Cette politique dilapide des fonds publics sur des bases dogmatiques, et contribue à la déshumanisation de lieux fondés sur la transmission humaine et le dialogue. De surcroît, elle risque d’exacerber les tension sociales et d’aggraver la violence par une escalade compétitive entre moyens institutionnels de coercition et moyens de nuisance de certains contre l’institution.

Dans un contexte de lois sécuritaires généralisant le soupçon, le contrôle social, et la répression à l’encontre des plus précaires, le recours à une surveillance électronique globale dans les établissements scolaires constitue un degré supplémentaire dans la valorisation des méthodes anti-démocratiques aux dépens des valeurs éducatives et citoyennes censées y être transmises. Ces moyens électroniques ne permettent non seulement pas de compenser la diminution organisée de l’encadrement humain dans les établissements, mais ils sapent les fondements de l’institution scolaire et la crédibilité de ses représentants.

Cette pratique qui prétend mettre tout lieu fréquenté sous surveillance de caméras, les établissements scolaires comme les supermarchés, les autoroutes comme les parkings, assimile à priori chaque individu à un délinquant potentiel, assimile l’ espace public à l’univers carcéral (lieu où l’individu est privé de liberté par décision de justice), assimile l’école à un espace réunissant des anonymes. Ceci est contraire à nos ambitions éducatives et sociales.

La fédération Sud éducation dénonce cette logique infantilisante et perverse qui dispense de construire, dans la richesse du rapport humain, des solutions responsables, adaptées et durables aux problèmes quotidiens, dans une compréhension globale des problématiques sociales.