Publié dans l’Humanité IDF, samedi 18 déc.2004

Cent quatre caméras au lycée Jean-Rostand par Jacques Moran, L’Humanité

Sécurité - vidéosurveillance à Mantes-la-Jolie

Le projet d’installation de 104 caméras de vidéosurveillance au lycée Jean-Rostand de Mantes-la-Jolie provoque de sérieux remous dans la communauté éducative de l’établissement, et au-delà dans toute la commune. L’intention de Catherine Marsaleix, la proviseure, est limpide : « L’établissement souffre de problèmes de sécurité, et en ma qualité de responsable de la sécurité des biens et des personnes, je devais prendre des mesures. C’était aussi une demande des élèves, et des parents. » Le conseil d’administration a adopté le principe en avril 2003 et le projet soumis à un organisme spécialisé a proposé un système de 104 caméras, hors les classes, pour surveiller les 26 000 mètres carrés et les cinq bâtiments. Les images enregistrées ne seraient contrôlées qu’en cas d’incident. Pour Mme Marsaleix, le projet s’inscrit dans un souci de prévention, afin de calmer les esprits. Et, ajoute-t-elle, « nous ne perdons pas de vue évidemment notre rôle éducatif ».
L’importance du projet à Jean-Rostand a d’autant plus ému les élus mantois que la droite installe des caméras dans la ville, presque essentiellement au Val-Fourré, objet d’une sollicitude sécuritaire douteuse. Au cours d’une réunion publique le 30 novembre dernier, les militants de l’association Démocratie et citoyenneté locale ont rapproché les deux événements, qui, dans la ville, tendent à criminaliser la pauvreté et au lycée à provoquer des comportements de défi et d’agressivité. Marc Jammet, conseiller communiste de Mantes, s’est également inquiété des dérives d’une politique de répression de plus en plus ségrégative. Vincent Smith, professeur au lycée Jean-Rostand et responsable du syndicat SUD éducation, est un des opposants les plus farouches au projet de vidéosurveillance dans l’établissement. Il regrette surtout le manque de concertation avec le corps éducatif après le vote du conseil d’administration qui a approuvé le projet.
Le conseil régional d’Île-de-France aura le dernier mot, puisqu’il doit décider du financement. La région a déjà financé plusieurs projets, mais celui de Mantes-la-Jolie est certainement le plus impressionnant et risque d’être rejeté : « Nous n’avons pas connaissance du projet, mais nous ne mettrons pas cent quatre caméras à Jean-Rostand. Il faut être raisonnable » affirme-t-on à la région.
J.M.