Assistant.e d’éducation : « pré-professionnalisation ou nouvelle main d’œuvre bon marché ?

Le ministère a pour projet d’engager dans un « parcours de pré-professionnalisation » celles et ceux d’entre-vous qui souhaiteraient devenir enseignants. Ceci vous conduirait à exercer l’équivalent d’un tiers-temps d’enseignement en L2, L3 et M1. Ce projet a été renouvelé par l’article 14 du « Projet de loi pour une école de la confiance » présenté ces jours-ci. Cet article prévoit de modifier le code de l’Éducation afin d’y stipuler que :

« Les assistants d’éducation qui sont inscrits dans une formation dispensée par un établissement d’ensei­gnement supérieur délivrant un diplôme préparant au concours d’accès aux corps des personnels enseignants ou d’éducation peuvent se voir confier des fonctions péda­go­giques, d’enseignement ou d’éducation. »

La mise en œuvre de ces « parcours » est prévue à partir de la rentrée scolaire 2019. Il est donc grand temps de se mobiliser pour s’y opposer !

Des conditions d’exercice déplorables

- 8 heures par semaine en L2 et en L3 pour encadrer les classes en co-interventions (porte ouverte à l’augmentation des effectifs par classe en prétextant l’« encadrement » par deux adultes et non plus un seul), l’aide aux devoirs et l’accom­pa­gnement personnalisé (une façon de vous utiliser comme larbins / main-d’œuvre bon marché pour ne pas payer un enseignant au tarif heure supplémentaire).

- 6 heures en M1 premier degré et 8 heures en M1 second degré, à multiplier par deux ou par trois pour intégrer le temps de préparation et de correction… tout en ayant la préparation du concours à mener de front.

Une rémunération scandaleusement basse

Le tout pour… 240 € par mois pour un tiers-temps. Une rému­né­ra­tion scandaleusement basse vis-à-vis de la masse de travail que cela représente.

Un recrutement par les chefs d’établissement

Le recrutement et l’encadrement seraient directement le fait des chefs d’établissement et donc désolidarisés de la Vie Scolaire. Preuve incontestable qu’il s’agit davantage de faire de vous des remplaçants déguisés que des AED qui suivraient en parallèle une réelle formation d’enseignant.
Un sous-statut d’enseignant

Ce recrutement conduirait donc à un sous-statut d’ensei­gnant, dans lequel la préparation du concours sera un véri­table parcours du combattant et dans lequel vous serez mis en concurrence avec les enseignants contractuels.

À l’opposé de cette solution inacceptable, SUD Éducation revendique :

– la création de postes d’assistant.es d’éducation avec un véritable statut, la réduction du temps de travail et l’augmentation des salaires ;

– la création de postes d’enseignant.e.s. titulaires ;

– la titularisation de toutes et tous les précaires sans condition de concours ni de nationalité.

Au quotidien comme dans les luttes… le syndicat est là !

Puisque personne ne travaille à ta place,
personne ne doit décider à ta place

Syndicat intercatégoriel, Sud éducation accueille et défend tous les personnels (sauf les chefs !) sans distinctions.
Quel que soit son statut, chacun s’exprime en réunion et prend part aux décisions.