Communiqué de Sud éducation 78

Annonces présidentielles : sous la communication, les suppressions et le démantèlement continuent

Dans une sortie édifiante en Lozère sur l’éducation, M. Sarkozy a annoncé, ce 21 juin 2011, qu’à la rentrée 2012, il ne comptait procéder, "hors démographie, à aucune fermeture de classe de l’école primaire." Il a aussitôt précisé que "le un sur deux continuera", à savoir la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et donc d’au moins encore 15.000 postes d’enseignants après ceux prévus à cette rentrée de septembre.

Outre qu’en 2012, M. Sarkozy ne sera peut-être plus président et donc que l’engagement sert surtout de poudre aux yeux électorale, il faut surtout comprendre que les fermetures dans le primaire continueront sans réserve à la rentrée 2011. Ensuite, des considérations "démographiques" pourront toujours justifier des fermetures de classe en 2012. De plus, il n’a pas annoncé la fin des suppressions de postes dans le 1er degré : les remplaçants et maîtres spécialisés continueront à voir leur effectif fondre. Enfin, ces déclarations promettent que pour garder le cap présidentiel du saccage du secteur public, le second degré pourra s’attendre à subir une double dose de suppressions.

A ce titre, M. Boissinot, Recteur de l’Académie de Versailles, a déclaré dans Le Monde daté du 22 juin 2011 : "Les leviers pour 2012 ne seront pas fondamentalement différents de ceux de l’année 2011 ; (...) lorsque les effectifs diminuent, comme c’est le cas dans la voie professionnelle à Versailles, alors les moyens baissent aussi". C’est pourquoi M. Boissinot n’exclut pas de "revoir la carte de l’éducation prioritaire pour ramener certains établissements à un taux d’encadrement standard", et il espère "récupérer encore quelques postes grâce au passage du bac professionnel de quatre à trois ans".

Au moins, contrairement à la mystification de la communication présidentielle, les choses ont le mérites d’être claires, et elles confirment ce que nous répétons depuis des années : les réformes mises en place ne cherchent aucunement à lutter contre les inégalités, mais au contraire à faire des économies sur le dos des populations les moins favorisées pour offrir un maximum de valeur ajoutée aux élites, de moins en moins contraintes de partager et de se mélanger à la plèbe. D’ailleurs, il est cocasse d’entendre M. Sarkozy clamer, à l’heure où il démantèle tous les dispositifs d’aide aux enfants en difficulté (tels que les RASED et les ZEP...), que "l’égalité républicaine, ce n’est pas de traiter tout le monde de la même façon, c’est de donner à chacun en fonction de ses besoins". Évidemment, selon sa logique, il faut bien plus d’essence pour un jet privé que pour une Logan.

Une fois éventée l’ultime falsification de "l’aide personnalisée" (en classe entière ou en simple demi-groupe, financée en remplacement d’heures de cours), le bilan réel en matière d’éducation des gouvernements qui se sont succédés depuis des années pourra enfin apparaître dans sa cruelle vérité : dans une période de fort chômage et d’incertitudes, la France a préféré sacrifier toute ambition éducative au profit d’une application systématique des méthodes les plus délétères du management libéral. Et cela n’a même pas réduit ni la dette du pays, ni les déficits, bien au contraire : ceux-ci ont explosé.

A cause de la crise ? Mais la crise est précisément la réalisation logique de cette politique de confiscation des biens et des ressources publics par une élite financière privée. Les profits financiers, protégés par des gouvernants à leur service, pourront continuer - crise ou pas - à phagocyter la richesse publique qui appartient à tous ; et un service public réduit à la gestion de ce qui n’intéresse pas le privé faute de rentabilité pourra continuer, avec de moins en moins de moyens, à servir de petit paravent à l’indécence des marchés financiers.

Ne nous y trompons pas : derrière une communication électoraliste qui cherche à ménager la chèvre et le chou, c’est bien toujours une politique de sape et de démantèlement de l’éducation publique qui est menée par un pouvoir qui se soucie davantage des profits immédiats de ses amis que de l’avenir des jeunes générations.

Sud éducation 78 est déterminé à lutter contre cette aliénation de l’ensemble de la population à des intérêts minoritaires puissants, et à mobiliser ses forces pour que l’investissement dans une éducation égalitaire et épanouissante devienne la priorité du pays.