2 nov. : une rentrée scolaire « comme à l’habitude* » ?

L’assassinat de Samuel Paty nous a bouleversé·es

Par sa violence.
Par le fait qu’il s’agissait d’un collègue, assassiné parce qu’il faisait son métier.
Par l’élan de solidarité qu’il a suscité.

Mais, très vite, les vautours idéologiques et les fossoyeurs de l’école publique ont lâchement instrumentalisé cette tragédie : propos haineux et racistes, appels à la guerre et à l’allégeance, sans parler des ministres Blanquer et Castex qui, cyniquement, récupèrent ce drame pour encenser leur politique ou la rendre encore plus dogmatique et autoritaire.

Non, les personnels de l’éducation ne sont pas en guerre.
Ni contre une communauté, ni contre les élèves, ni contre les familles.
Contre les divisions et les stigmatisations, nous avons besoin de dignité, de solidarité et de collectif.

Nous sommes en lutte pour nos conditions de travail.

Abandonné·es, méprisé·es, réprimé·es, nous, personnels de l’éducation, nous savons bien que les discours officiels du moment ne sont que des leurres sans lendemain.

C’est à nous d’affirmer notre dignité professionnelle, d’en finir avec le contrôle, la suspicion, le dénigrement et les injonctions hiérarchiques.

Face à la souffrance des personnels que Blanquer comme ses prédécesseurs n’ont cessé d’ignorer, face à la démagogie ministérielle, aux violences managériales, au #pasdevague, c’est à nous d’exiger une reconnaissance salariale et professionnelle, ainsi que des conditions de travail décentes : médecine du travail, protection sanitaire, etc.

En lutte, toujours, pour une école digne et émancipatrice

Nul besoin de consignes autoritaires : nous savons faire notre travail, nous le faisons tous les jours afin de construire une école pour toutes et pour tous, qui ne discrimine ni les élèves ni les personnels selon leurs convictions.

Contre l’ingurgitation d’une pensée unique, contre la faussement consensuelle idéologie nationale et les fanatismes de tous bords, nous préférerons toujours une pédagogie de la pensée critique et contradictoire.

Si elle n’est pas universelle, démocratique et sociale, la République n’est qu’un mot creux : à nous de lutter pour cette République dans nos classes, dans nos établissements et dans la société.

* Blanquer dans son mail aux personnels du vendredi 30/10/2020.

Un préavis de grève illimitée a été déposé par Sud éducation pour permettre à tou·tes les collègues de se mobiliser dès le lundi 2 novembre et les jours suivants.

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